mardi 28 août 2018
Duras et le cinéma, film de Dominique Auvray 2014
mercredi 4 juillet 2018
d'un bonheur absolu
et de ce mauvais vin que je versais dessus mes larmes.
qu'entre leurs mains s'effacera mon visage.
mais il est vrai que tout ne tient à rien
quand on a rien connu.
Je te dirai comment je suis revenu
tremblant de parole comme du geste.
Oui je te parlerai,
De moi, et pas d'un autre
tant il vrai qu'on ne peut toucher quelqu'un
qu'à la hauteur de ce qu'on est soi même.
Je te parlerai d'un roman noir
dans lequel une nuit a renversé la table
et qui de trois points de suspension
a dézingué ma ligne d'horizon.
Car il est vrai que rien ne rime avec rien
puisque personne n'en connaît la fin.
Et puis je te parlerai, à toi ,
toi qui viens à cette table
qui me jettes deux sous de larmes
en me disant ce n'est rien.
Mais il est vrai que rien peut nous servir à tout
tant qu'on a rien vécu.
Ou alors, je parlerai peut être beaucoup
afin de ne rien dire de trop surtout
car il est vrai que tout cela peut nous mener à tout.
une mer de rubis
On dit que la mer devient rubis lorsque le ciel souffle sur la nuit,
et que L'Amour est un tambour qui frappe sa parole dans nos choix.
On dit qu'il voyage de beau séjour et que chacun
se doit d’élever sa voie dans l'esprit de ses lois.
Mais on voit :
le Naufrage, et la Nuit, en silence,
planter ses pas dans le cuir des mots,
et cette peur et cette haine nous couler à flots.
On ne voit pas
que le poids de nos détresses
dresse une à une nos pierres à élever la bassesse de nos murs.
On voit que la terre devient poussière lorsque la nuit éteint le ciel,
mais on dit aussi que jusqu'au dernier grain du soleil
il est possible de conter la Vie toujours plus haut .
La fragilité est force et non faiblesse.
Protège, n'ensevelis pas.
Arrache de toi de cette armure , qui te sert tant de foi,
à repousser cet autre qui peut être toi.
Accepte les brèches possibles de ta chair.
Accepte d'écrire d'autres possibles fois.
Prends le risque de la caresse de ce que tu ne connais pas.
Hâte toi de presser ton coeur en éclats :
plus fine sera sa peau, plus loin portera ses mots.
L'Amour est un tambour, il est ton rythme.
Ne l'oublie pas.
Une histoire s'achève ici,
et notre mémoire commence de là.
On dit que l'Esprit nous entrera dans la peau
lorsque qu'un bonjour nous traversera la tête.
Alors, la mer sera de rubis et la terre sera de soleil
et nous serons, qui sait, amis, d'ici ou de là-bas,
peut être toujours de bien et encore de si beaux.
Astrid Shriqui Garain, « Une mer de rubis ». VII-2018
lundi 2 juillet 2018
Il sera dit
si longtemps, que l'étoile parlera de la terre
et que la terre portera sa lumière.
Je vivrai si longtemps qu'aucun crime n'aura l'usage de nous faire taire.
je vivrai si longtemps,
si longtemps qu' à chaque heure première il sera dit le nom de la dernière.
je vivrai si longtemps,
si longtemps que mon regard embrassera ton visage
et que nos actes inventeront le possible d'un village.
Je vivrai si fort
que toute vie sera imprescriptible
et que la mort ne pourra rien y faire.
Je vivrai si longtemps
que nos portes resteront grandes ouvertes
Et que dans notre mémoire entrera chacun de nous.
Je vivrai tant et, si bien
aussi longtemps
qu'à la nuit nous ferons regretter le jour
et que devant chaque nouveau jour nous garderons Espoir.
Je vivrai aussi longtemps
que sur aucune mer,
dans aucun désert
sur aucune route
sous aucune pierre,
derrière aucun mur,
dans aucun poème et aucune prière
nous ne lâcherons la main d'aucun enfant de la terre.
Aussi longtemps
qu'enfin, ayant chassé le silence et les bruits
nous puissions toucher de notre chair
l'immense capacité de nos vies.
Je vivrai si longtemps
si longtemps que la lumière ne cessera jamais de tourner au tour de la terre
et que cette joie saura porter la plus belle lettre de notre histoire.
Je vivrai si longtemps
que la chance ne laissera plus rien ni personne au hasard
Je vivrai ,
hier, demain et, chaque aujourd'hui,
Aussi longtemps qu'à chacun de nous, désarmés par l'Amour,
il sera dit la puissance de la vie.
Si longtemps, tant et si bien,
au nom de tous, enfin, il est écrit :
il sera dit. "
dimanche 17 juin 2018
"À rouge-lettres-" lecture sur Haïti- Jane Evelyn Atwood
Maison Européenne de la photographie- Paris-2011
mardi 22 mai 2018
Les lèvres du monde
Sur les paroles du monde ,
Ta main sans détour,
apporte les retouches.
Se forme son dessein.
L’encre des ombres
S’écoule dans mes mains.
Et je te laisse son empreinte.
vendredi 18 mai 2018
le vaisseau animal
Le vaisseau animal
Chevauchées grondantes
du feu ,de bois , du cuivre,
de nos pas, de nos soleils,
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
fait route en plein ciel.
La mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.
L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute
écoute la langue des arbres
arbres qui t’adressent
dresse ton regard
tes yeux tournent
tourne l’horloge des ombres
qui talonne l’esprit de l’homme
l’homme éclate en lumière
lumière qui transperce
et brise écarte et plaque
et qui frappe sa langue
langue qui goutte
en couleurs, en distance,
en sang, jusqu’aux cendres.
Angle, brèche, vague, tempête
de feu , de bois
du cuivre de nos pas,
de nos soleils
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
te légende sur la terre
te parcourt, te hisse.
Le ciel souffle
souffle comme chair
chair qui pose
pose tes mots
mots qui
lignes en signes
bondissant au levant
la mer frappe
la terre écoute
la mer prend
de la dune au couchant
la terre appelle
la mer voyage
le ciel pleure
ce qui absente
ce qui presse
ce qui remplit
ce qui annonce
ce qui chante
ce qui bruit
comme des perles de vie
la vie qui conte et signe
un visage de pluie
L Écume
en quelques mèches de pluie
contre le feu, le bois,
la chair, la pierre,
contre le cuivre de nos pas
un nuage de poussière
dans l’océan d’un soleil
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
percute le ciel.
C’est ton chant
C’est ta main
c’est ton bras
ta route, un lac,
la partition de ton temps
L’oreille d’un regard
à la bouche de l’absent
et tu sens que la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule.
Et toi passe son seuil.
Son qui frappe l’écueil.
C’est l’écho de ces traits.
que tu attends.
Frappe brume d’étoiles
Porte, frappe,
touche les couleurs de ta route
et comprends.
Le vaisseau animal t’entend.
la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.
L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute.
Le vaisseau animal t’attend.
samedi 5 mai 2018
jeudi 26 avril 2018
Deux sons d'horloge
Chemin ciment,
un bus agrafe un visage sur la rue.
Ticket partant sur une ligne de papier d'argent.
Un corps se courbe. Poste restante.
Sur un nuage de lilas blancs
un point s'oppose à la question.
Deux sons d' horloge et voilà que cette ville l'enveloppe.
lundi 23 avril 2018
Des organiques 31 - 311
dimanche 22 avril 2018
vendredi 20 avril 2018
les hirondelles
Entre ses doigts , une route déroule la bobine du temps.
Comme un dernier tournant,
Une branche se courbe au passage du printemps.
Cette barrière qui nous ouvre les bras,
C'est une musique douce qui ne me quitte pas.
Nichée dans le miel du bois,
ma mémoire ne tremble pas.
Bientôt la maille posée sur mon bras,
et l'écriture de tes gestes sur l'écho de tes pas.
Un parfum d'hirondelle brûlant dans une cuillère de ciel,
C'est cette musique chaude que je revois.
Astrid Shriqui Garain, "Les hirondelles", IV 2018 .
Contre courant
Courant contre la foule
il faut tenir debout
les mains dessous la tête
deux jambes et le souffle trop court.
une fleur plantée dans l'âme
un arbre derrière ta barricade.
debout poussant,
contre courant,
courant contre la foule,
des cris débordant de la route.
Voici que la nuit est entrée dans le jour.
Trois lettres sur une veste
Tu cours contre la foule
Debout poussant
les mains dessous la tête.
Tu pousses contre la foule.
Il faut tenir debout.
La fleur ouverte dans ton âme
Un arbre derrière ta barricade.
coulent tes larmes
pleurent les source
chantera demain le jour.
Contre la trique, les ordres et leurs gens d'armes,
brille une source
contre courant
chante face à la foule
L'arbre toujours
pousse debout.
Ce jour planté dans l'âme
Une forêt derrière nos barricades."
IV 2018 .
mardi 17 avril 2018
La Roche tendre
La vie est ainsi fête
qu'il me faut bien abandonner
tous mes petits regrets,
et cela, sans vous froisser.
Les mots reviennent, ils ne sont pas usés.
Un peu,
ils me font peine
d'une rengaine que vous poussiez du bout du pied.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faut bien vous le chanter
ce souvenir que rien ne pourra effacer.
Belles images dans ce jardin fleurissent.
Coule la Seine sur le sentier de la vie
Jolis mots tombés du ciel
jetés au grand voyage bleu de la nuit.
Mais la folie et ce qui reste
sont les chevaux de nos poèmes.
Toutes les rimes tiennent à leur fil
aussi fort que nos mains tiennent à la vie.
La vie est ainsi fête
Il y fera toujours joliment vivre de vous aimer
dans la musique de ce poème
et sur toutes les lignes de ce Paris.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faudra toujours vous le chanter
Dans tous les printemps de cette image
rien ne pourra effacer
ces quelques notes de la Seine
blotties l'une dans l'autre sur les sourires de la nuit.
Coulera toujours sur cette Seine
tous les sentiers de la vie.
Je garde cette image
et cela, sans rien froisser
Puisque la vie est ainsi fête
qu'elle n'est de bonne à vivre qu'à nous aimer
Et n'est de vrai qu'à le chanter.
Belles images dans un jardin fleuri
Jolis mots donnés au ciel
au grand voyage de nos vies.
Astrid Shriqui Garain
dimanche 15 avril 2018
samedi 14 avril 2018
la petite boite d'allumettes
Elle vous assomme la mort.
Elle vous fracasse la gueule.
Toutes ces grandes pensées, tous ces grands mots
c'est plus que des poignées de terre qui font des ronds dans l'eau.
Elle vous en jette plein la tête la mort.
Elle se déverse à l'intérieur, elle vous noie et vous inonde.
Elle vous pisse dans l'âme,
c'est une chienne la mort,
elle vous arrache les lèvres,
elle vous ferme les yeux et vous brise les os.
Elle vous laisse seul avec entre les mains un seul mot.
Faut dire qu'elle a une grande gueule la mort,
devant elle on voudrait tous bien se tenir sur le carreau,
se faire beau, être grand, se faire propre.
Avoir en fin une gueule comme il faut.
Ça vous impose son image, ça ne bouge plus, ça respire pas.
Ça n'a ni chaud, ni froid,
pourtant elle vous grille le cerveau et vous glace la peau.
On voudrait dire, on voudrait bien le dire.
Mais le temps de le dire la mort vous frappe dans le dos.
L'horloge s’arrête mais le temps presse
aussi fort que la mort vous transperce.
La mort peut toujours courir
avec dans sa gueule les restes d'un dernier mot ,
elle peut toujours courir ,
mais elle n'aura pas le premier mot.
On reste avec
avec ce mot qui remplie et qui calme
avec ce mot qui clignote à l'enseigne de l'âme
On reste là avec sa petite boite d'allumettes.
C'est un cadeau que la vie vous donne
Pas un mot que la mort nous laisse.
La mort ne mérite pas de grands mots.
On entend ses larmes qui font des trous dans l'âme
Mais nous on reste
avec entre nos mains, notre petite boite d'allumettes.
L'idée fleurit,
on se voudrait se savoir moins transi
on se voudrait se pouvoir moins petit
on vous voudrait tellement bien voir tout ce qui reste,
pouvoir revoir, mais le temps presse.
Et nous on reste
avec entre nos mains, nos petit bouts d'allumettes.
Alors devant le bruit des larmes
et à travers le silence des flammes
on dessine des mots comme on signe un visage
Et puis on sourit aux nuages,
à tous ceux qui viennent ,
qui nous dépassent et nous caressent
du bout de leur jolie langue d'oiseau.
Déjà l'horloge repart et le temps presse...
plus loin que la mort nous transperce
si haut que le vol d'un oiseau
avec entre les mains tout notre temps
à la lumière de ce qui reste.
L'horloge repart et nous on reste
avec notre petite boite d’allumettes.
III.2018 - Astrid Shriqui Garain
jeudi 29 mars 2018
ils sont en ligne
Leur verbe c'est regarder. Leur histoire effacée.
Une lettre entière de regard, et leurs prénoms oubliés.
De quel siècle d'arbres sortent-ils ?
Quels mots contenaient leurs livres ? Leur rivière, leur chant.
Ils se tiennent comme arabesque en liane sur le morceau d'un village que le soleil ferait valser.
A l'oreille du diable ? à la dernière frontière passée ?
Savaient-ils qu'entre ses arbres une forêt a gardé le secret ?
Dans un champs maintenant se dresse l'infranchissable,
un trou de mémoire qui nous rendra bête comme nous a rendu sourd le bruit de vos canons.
à la main qui se pose
vendredi 9 mars 2018
Les nouveaux anciens, Kate Tempest
Attention : Étincelant ! « Les nouveaux anciens », c'est dense, poétique, rapide, mouvant, vivant. Cliquetis dans le jukebox, silence de jour, lumières à contre nuit, la légende de Tom et de Glori, un mythe.
« Les nouveaux anciens » c'est maintenant ! Kate Tempest a raison, un million d'étoiles filantes raison, un millénaire de rêves et de béton raison.
C'est maintenant que les dieux marchent dans nos rues, que les dieux se lèvent chaque matin, que les dieux tempêtent, que les dieux jouent des coudes sur les quais, que les dieux donnent à manger au chat, à leur gosse, que les dieux ont faim ou froid, qu' il doutent, qu' ils aiment, qu'ils font les cons, qu'ils tournent en rond, qu'ils se voudraient un peu plus fort un peu plus grand, qu'on oublie pas trop vite leur nom .
Ils sont des dieux, ils nous ressemblent, nous sommes tous... des dieux,
le format éternel de ceux qui se refusent à n'être que des hommes.
Des dieux vivants, et nombreux. Les enfants des hommes, pas des enfants des dieux.
Des monstres, des brutes et puis parfois, le plus souvent, peu à peu,
des gosses avec des ailes de géant et les semelles au vent !
« un dieu devient un dieu quand il a le courage d'aimer. Un dieu, quoi qu'il fasse, reste dieu à jamais, mais quand même, un dieu doit s'efforcer d'être un dieu auquel un dieu peut se fier. ».
« Nous sommes pourtant toujours mythiques.
Coincés pour toujours entre le pitoyable et l'héroïque.
Nous sommes encore divins ;
c'est ce qui nous rend si monstrueux.
Mais c'est comme si nous avions oublié que notre propre valeur excédait de loin celle de l'ensemble de nos biens ».
« Regarde les », regardons nous.
« Des millions de personnages,
chacun avec ses propres récits épiques
chantant : il est difficile d'être un ange
tant que tu n'as pas été un démon ».
Kate Tempest ! À lire à voix haute !
« Toutes les divinités résident dans le coeur de l'homme ». William Blake
Traduit de l'anglais par D' de Kabal et Louise Barlett.
Astrid Shriqui Garain. mars 2018.














































