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mercredi 9 octobre 2019

entre les lames




Photo : Mathieu Verreault - " Cosmic love" Cara Furey-2017




A l’orage du geste,

s’égoutte sur les lames de ta pensée

la mémoire de ton petit encrier.


Flottent des trains passés,

A l’arrivée de ton nouvel été

des pages tournées, ...de l’inconnu désiré

d’un ange détricoté

de tous les diables emmaillotés..


Des images comme des étoiles

et des chemins comme des lignes

qui dansent entre tes mains

Chaque quai est à l’avenir inventé.


Le mot qui ouvre l’œil sur les lèvres d’un soleil

et des torrents qui bouleversent les sens de ton sang

et qui rivages, naviguent, voyelles, passages

et déchirent de ses dents le rideau de ton âme.


Le petit encrier est un ciel qui ne connaît ni son début

ni notre fin.

C’est un corps qui pousse et repousse

Qui mange de silence, qui marche de vent

et qui enfante à la seconde de ces deux mains.


Et peu importe le nombre
et si peu emporte le temps,

d’un seul,de mille, ou des dieux,

A l’oral du geste,

Chantent les larmes de ta pensée.

Tu vois dans la mémoire d’un encrier

Ton sourire est bien la trace de tout ce qui nous fera danser.

Entre les lames d’un papier

qui sait ce que ton âme désire vraiment traverser.


"Entre les lames" , Astrid Shriqui Garain ,10.2019




mercredi 7 août 2019

à l'angle de la vue





  
"Darkness".Copyright Sophie PATRY

https://sopatry4.wixsite.com/sophiepatry


La nuit sous son château de voiles
pleuvait de lumière comme vérité sur le sable.

Ses chemins étaient des chevaux de hasard
qui croisaient des fenêtres en regard.

A l’angle de la vue
La route était de décembre
et l’enfant dans sa chambre.

Le fleuve était si lourd de pourquoi
qu’ailleurs le ciel allait écrire sur le sable. 

La ville n’a rien su, ni des voiles, ni de l’ombre.
Perdue dans ses miroirs, à perte de vie,
elle fermait ses volières.

C’était pour beaucoup un soir.
Un soir comme pour d’autres.
Voilà, c’était là :
la signature d’un départ.

On dit avoir vu des oiseaux de mémoire.
Mais on doit savoir deviner ça 
dans le reflet d’une étoile.

La ville n’a rien retenu,
ni son nom, ni l’instant,
Il n’avait que l’espoir sur le dos
cinq lettres dans sa peau
et quelque bagage en naufrage.

L’image, déjà de septembre
et l’enfant écrit toujours son histoire.

La ville était de sable
et la lumière à l’ambre de la rue.

La nuit est un radeau de voiles
Qui emporte toujours la musique d’une chambre. 

Une once de vie contre une ombre de nuit
que voulez vous qu’on efface ?
Des lettres sur le sable ou le château à voiles ?

Il n’est de nuit venue que celle qu’on a pas vécue.



Astrid Shriqui Garain, "à l'angle de vue", Août 2019



mercredi 19 septembre 2018

Peut-être est-ce là






Peut-être est-ce là, qu'il conviendrait de te dire
qu'il ne peut y avoir de bonheur à vivre
sans que résonne en nous l'esprit de son partage.

Le temps est fragile, comme le sont les images,
Il est parfois mémoire, mais il suit toujours notre regard.

Il fait soudain revivre ce que la nuit voudrait emporter au fond de ses miroirs,
Mais marchant aux côtés de nos espoirs,
toujours en nous, il fait renaître la raison qui nous pousse
à construire nos plus nobles maisons.

Maisons courant d'air
de là en notre chair
versant tendresse dans la pensée de chacun de nos mots
Maisons
aux œuvres bleues,
aux seuils ronds et généreux,
à la ligne solaire de tous nos feux
aux naturels desseins de nos voyages.
Maison théâtre de tous nos actes sculptant notre langage.

Peut-être est-ce là qu'il conviendrait de saisir nos mains
à l'instant de ce bonheur que nous pensions passible d'impossible
là, au regard de l’invisible qui touche les paumes de nos mains
et grave en silence ses heures dans la pupille de notre choeur.

Et Peut-être est-ce là, qu'il conviendrait de nous unir
sans rien croire mais certains, obstinément,
que tout bonheur est éclair passant,
à mots courants et renversants
et qu'en nous traversant il sème en chacun de nous
le plus puissant des remèdes à cette folie qui frappe à notre temps.

Peut être est-ce maintenant que nous devons nous souvenir
qu'il ne fut jamais affaire de promesse
Oui peut être est-ce là qu'il me faudra te dire
sous la lumière de ce partage
ce que j'éprouve ici comme bel amour d'un lieu
qu'à présent je ne cesserai jamais de vous écrire.

Peut-être est-ce là , IX 2018,
Astrid Shriqui Garain

mercredi 4 juillet 2018

une mer de rubis

"La mer rouge" 



On dit que la mer devient rubis lorsque le ciel souffle sur la nuit,
et que L'Amour est un tambour qui frappe sa parole dans nos choix.

On dit qu'il voyage de beau séjour et que chacun
se doit d’élever sa voie dans l'esprit de ses lois.

Mais on voit :
le Naufrage, et la Nuit, en silence,
planter ses pas dans le cuir des mots,
et cette peur et cette haine nous couler à flots.

On ne voit pas
que le poids de nos détresses
dresse une à une nos pierres à élever la bassesse de nos murs.

On voit que la terre devient poussière lorsque la nuit éteint le ciel,
mais on dit aussi que jusqu'au dernier grain du soleil
il est possible de conter la Vie toujours plus haut .

La fragilité est force et non faiblesse.
Protège, n'ensevelis pas.

Arrache de toi de cette armure , qui te sert tant de foi,
à repousser cet autre qui peut être toi.

Accepte les brèches possibles de ta chair.
Accepte d'écrire d'autres possibles fois.
Prends le risque de la caresse de ce que tu ne connais pas.

Hâte toi de presser ton coeur en éclats :
plus fine sera sa peau, plus loin portera ses mots.
L'Amour est un tambour, il est ton rythme.
Ne l'oublie pas.

Une histoire s'achève ici,
et notre mémoire commence de là.

On dit que l'Esprit nous entrera dans la peau
lorsque qu'un bonjour nous traversera la tête.
Alors, la mer sera de rubis et la terre sera de soleil
et nous serons, qui sait, amis, d'ici ou de là-bas,
peut être toujours de bien et encore de si beaux.

Astrid Shriqui Garain, « Une mer de rubis ». VII-2018


lundi 22 mai 2017

Je sais que le hasard




 "Be"   © Photographie d'Oliva Parker, 2016 ,
série " disparaître en pleine vue".



Je sais qu'il n'existe pas de hasard

le rêver c'est possible voyager


Je sais qu'il n'existe  pas de chant

celui qui me vit de t 'espérer


Je sais que la nuit ne féconde pas le jour

Je garde ton étoile au goût de ma langue


Je sais que les mots ne défilent pas l'éternité

et c'est là que j'ai tissé la clé


Je prononce ton regard à la lumière d'un poème

Puisque le temps ne sait rien faire

alors c'est à moi de ne pas l'oublier


Oui je sais  qu'il n'existe pas de hasard

alors si matin je parle en étoile

c'est parce que j'écris pour te trouver


Savoir qu'il n'existe pas de hasard

Penser c'est impossible résister

c'est peut-être là la seule force d'exister.


Astrid Shriqui Garain, © " je sais que le hasard".


jeudi 20 avril 2017

De faîte









 
De faîte mes mots sont des morceaux de craie
jetés sur un tableau de songes à demi effacés

d'aveugles couchants
méditant sur une pincée de ciel
et se dressant au premier sentier de l'été.
 
Dans ce regard mes mots sont des enfants
qui de la poussière de leur rêve parlent de rejoindre
ce qu'ils ne sauront jamais oublier.

 Astrid Shriqui Garain, ©, "de faîte"