Affichage des articles dont le libellé est texte.. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est texte.. Afficher tous les articles

mercredi 4 juillet 2018

une mer de rubis

"La mer rouge" 



On dit que la mer devient rubis lorsque le ciel souffle sur la nuit,
et que L'Amour est un tambour qui frappe sa parole dans nos choix.

On dit qu'il voyage de beau séjour et que chacun
se doit d’élever sa voie dans l'esprit de ses lois.

Mais on voit :
le Naufrage, et la Nuit, en silence,
planter ses pas dans le cuir des mots,
et cette peur et cette haine nous couler à flots.

On ne voit pas
que le poids de nos détresses
dresse une à une nos pierres à élever la bassesse de nos murs.

On voit que la terre devient poussière lorsque la nuit éteint le ciel,
mais on dit aussi que jusqu'au dernier grain du soleil
il est possible de conter la Vie toujours plus haut .

La fragilité est force et non faiblesse.
Protège, n'ensevelis pas.

Arrache de toi de cette armure , qui te sert tant de foi,
à repousser cet autre qui peut être toi.

Accepte les brèches possibles de ta chair.
Accepte d'écrire d'autres possibles fois.
Prends le risque de la caresse de ce que tu ne connais pas.

Hâte toi de presser ton coeur en éclats :
plus fine sera sa peau, plus loin portera ses mots.
L'Amour est un tambour, il est ton rythme.
Ne l'oublie pas.

Une histoire s'achève ici,
et notre mémoire commence de là.

On dit que l'Esprit nous entrera dans la peau
lorsque qu'un bonjour nous traversera la tête.
Alors, la mer sera de rubis et la terre sera de soleil
et nous serons, qui sait, amis, d'ici ou de là-bas,
peut être toujours de bien et encore de si beaux.

Astrid Shriqui Garain, « Une mer de rubis ». VII-2018


mardi 18 avril 2017

Thésée

parametric facial animation created at the University of Utah in 1974

Thésée apprend et souris danse
tourne et rompt son errance
Thésée se plante
s'échine - s'échèque
en petite infractuosité blanche
rouage du silence
elle avance mais ne progresse pas
Thésée réfléchit son erreur
elle tourne, inaugure
peut être ici
clic peut être là
clac la voilà- passé sans rage

scrute Thésée
de ce lien de connaissance
cherche la clé
la souris danse
tourne et rompt son errance
Thésée ne garde aucun souvenir
que sait-elle ?
Elle sait oui ….
elle sait non
pile ou bien face
ni destin ni hasard
ils sont décommandés
Thésée ignore sa résistance
pourtant seule question d'équilibre
Thésée s'en cogne, on, off
elle se rappelle d'elle même
elle ne se questionne pas
mais interroge
sait oui
sait non
elle affirme,
elle enregistre , confirme
elle se câble
elle trotte infirme
mais ne rêve pas, ne doute pas
Thésée n'invente pas
elle note
elle est tenue à sa leçon
même pas à un fil
elle s'informe
n'anticipe pas
et ne colère pas
0 ou 1
elle s'y cogne
Thésée n'est jamais plus qu'elle même
et jamais moins
organe mécanique
un cerveau machin machine
biface, binaire
ouvre ferme
elle se détourne
impulsion sans émotion
elle ne se retourne pas
entre les deux je te coupe les doigts
qu'importe tu ne souffres pas
ultime
finale
elle peut mais ne désire pas
elle doit
ce que Thésée ne pense pas
elle fonctionne mais ne marche pas
voilà le cerveau content
Voilà donc Thésée comme on la mène
dans une fourmilière
sans peur pas à pas
On va -telle ? Et pourquoi ?
Thésée s'en cogne,
c'est un jouet.
intelligente mais artificielle
Thésée ton goût est de papier mâché.
Astrid Shriqui Garain, "Thésée"


mercredi 18 mai 2016

Triangulus

Numérisation Photo, A.S 05.2016



Triangulus 


C’est le soulèvement d’un monde qui ne sait pas comment te rêver.
Moi,  je sais. 

L’air parle de désert.
Il est dans ma terre. 
Là où j’emporte toutes mes pierres.
 
Chaque mot posé, pesé, c’est à ce sable que je viens le verser.
Dans un silence se déloge l’insensé.
 
Je te montre le ciel. 
Connais tu ma pensée ?
 
Le ciel ouvre sa main et je baise une étoile. 

La trace d’un reflet fait trembler un sommeil d’opale.
 
C’est la nuit qui dessine un corps en secret.




                                                                                    Astrid Shriqui Garain ,
                                                            08.2015

samedi 14 décembre 2013

GPS

 

 

 

 Ne vais non pas te dire la ligne ou plus juste le plan et puis ça le quai et renoncer ailleurs enfin demander ou alors tout déchirer et plus loin un peu traîner encore au cœur fait et puis respirer dernier arrêt le regarder la regarder les voir les entendre et puis penser à te dire oublier encore sans savoir te souvenir me tenir à la barre à une table glisser entre le mur et le bout du ticket défiler mélanger soleil en nuage entre moi poussière et toi ferraille tenir souvenir un mot un creux un son un sens un nom une bosse lécher pierre gratter mémoire reste reste papillon blanc mon oeil ne bouge pas passe en retard du bout des doigts aide moi par trou de soucis en nage passer appui debout et apprendre marcher encore mordre le ciel gravier vouloir un pas pour l’autre pas pourquoi trouver chemin le mot un son mon nom souffler buée cristal brûlé couloir lumière guide étagère bruit larme à cloche pied demander ne rien vouloir prendre avancer reprendre grille le temps pluie comprendre seulement entendre une main dans les roseaux et suivre marcher flaque à brise pied refuser passé si tôt voilà retard hagard pas trop grave allée mais si porte regard froid de cheminée sourire encore à l’ oiseau en papier parler à ses pattes d’escalier à ses plumes d’oreiller parler à l’arbre à la corbeille d’acier au miroir, à ta veste au cendrier prendre lettre dans ciseau puits tiroir pierre à mon cou oui je vais dire toute feuille sur le quai gouffre mémoire la route pavés roulés boulets jetés tout oublier maintenant vider mes chances au fond de l’évier. Me rappeler. Oui. Maintenant souvenir déplié. Ranger le silence dans la journée. 


Astrid Shriqui Garain, décembre 2013

mardi 23 avril 2013

Alignez-vous

 

Alignez-vous
Groupez-vous,
Poussez-vous,
Bon sang,
Alignez-vous !

Qu’il ne reste
qu’une seule crête
une seule mire,
une seule ligne
une seule gueule,
un seul front.

Alignez-vous,
Allez, génuflexion !
Genus de santons !
Ensemble à l’unisson !
Sauvegardez votre maison !
Ratissez vos rigatons !
Crachez et respirez en tous.
Soyez pétris.
Soyez gentils.
Que vos lèvres se scellent.
Que l’esprit s’empale sur le grill
Que rien ne vous réplique !
Soyez parfaitement unique !
Soyez polis dans le sel de vos salives.

Que la nuit vous enferme…
pour vos clopinettes
Pour la gloire…
de vos majorettes
Au son de …
vos trompettes
Et qu’au terrain des supplices
vous soyez pris dans le goudron.

Allez, alignez-vous !
Qu’ injustice persiste,
et que le vide nous assiste.
Rayer de cette ligne
le doute et les possibles.
A la santé de vos souhaits !
Mâchez en tout votre vrai .
A votre sacrée peur
portez l’absence de vos pensées.

Alignez-vous
Groupez vous, poussez vous,
Bon sang,
Alignez-vous,
qu’il n’y ait
qu’une seule crête
une seule mire,
une seule ligne
une seule gueule,
un seul front.

Que je puise
sans pieu ni mètre
de mes mains
enfin faire ce carton !

 

Astrid Shriqui Garain, avril 2013