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lundi 8 avril 2019

Dreamtyque





Mémories - pastel de Fernand Khnopff - 1889 



Sous un pluriel d’éternité
l’image allée
au nom de seule
j’entends l’absence nous traverser.

Trois fois entre tes mains
tous les silences se redessinent
de dos,
de face et de chair
il était une fois
en un regard
Portées superposées

au centre c’est un mystère
toutes nos images sont déportées

Dans un battement d’elles trois lettres déposées
au nom de celles
paupières ouvertes et porte refermée.

alors attendre en corps
à cette inconnue offrande
être présence et revenantes
trois fois sur ta peau se sont ouvertes.
dans la lumière allée
un peu de celles
sur tes lèvres
entre mes mots se sont posées.

dreamtyque d’un langage
sur la trilogie d’un voyage
Tu vois ce qui s’écrie*

Trois fois,
dans tes yeux,

je les relie.


03.2019 - "Dreamtyque" 

à L.K


mardi 28 août 2018

Duras et le cinéma, film de Dominique Auvray 2014



  Duras et le cinéma
un film de  Dominique Auvray 2014 


 M.D




"Le camion", Marguerite Duras, Editions de Minuit, extrait.


"Oui, le camion, c'est un film"


«India Song» (1975)....
...Son nom de Venise dans Calcutta désert» (1976)....


 "Je pense que c'est la fin du monde" M.D





Derrière la clarté des mots... 




Et le ciel...à peine. 





Anne-Marie Streiter...

...cinéma du transport poétique







M.D


Marguerite Duras et Dominique Auvray , 1984 

Dominique Auvray  fut monteuse auprès de Marguerite Duras pour les films : 

Baxter, Vera Baxter, 1976
Le camion, 1977
Le navire Night 1978 




Aout 2018

lundi 2 janvier 2017

Un tronc d'air





dessin extrait du film "Ressac"© de Simon Kohn, 2011.




 Il y a entre mes mains un bavardage d'oiseaux
qui martèle le ciel à coup de mots
Un grand tronc d'air qui sert de tambour
pour appeler tous mes gens d’alentour
des rames comme des ailes
avec au bout des manches
ces deux mains
l'une qui donne
l'autre qui demande
l'une qui donne le bon jour
et l'autre, celle qui se demande,
l'autre qui se demande à qui le prochain tour
Il y a entre mes bras comme les rêves d'un poisson- chat
qui sortent à l'oeil dans le tram du soleil
Une idée de chanson avec un air d'évasion
pour des terres et des terres
avec des mots comme le ciel
et des bonds comme l' oiseau
au bout d'une branche on accrocherait le bateau
qui suivrait le poisson danse
et puis des mains qui pousseraient son grand chariot.
Entre ces bras en fait c'est immense
il y a un bavardage d'oiseaux
qui martèle le ciel à coup de mots
pour qu'on fasse sortir un peu de ce soleil de nos chapeaux.


 Astrid Shriqui Garain -© un tronc d'air , 01.2017 - 









samedi 31 décembre 2016

Cette nuit là


Image extraite du film " le concile lunatique " d'Arnaud Demuynck et Christophe Gautry, 2010.




Quand les mots auront fini de courir dans la rue,
de faire tourner les pages de nos livres,
Quand ils ne souffleront plus sur nos places
Quand ils arrêteront de faire les cons,
de discuter, de raconter,
de dessiner, de plaisanter,
de témoigner, d'imaginer,
de tout prendre, et de rien laisser.

Quand ils n'écriront plus rien sur les murs,
Quand ils seront bien polis et raisonnables,
Quand ils seront contrits et présentables,
Quand ils auront une certaine éducation
après avoir reçu toutes nos petites corrections,
Quand il diront...
« Bonjour Madame ,
pardon monsieur,
merci patron »,
quand ils arrêteront de gueuler
NON
quand ils sauront rester à leur place ,
sur la même ligne,
jamais en marge
Quand ils marcheront
en procession aux élections
sur le même ton
Quand ils auront fini de traîner dans l'air frais d'une chanson
ou de rêver au sourire d'une expression
Quand ils n'auront plus des idées de grand large,
ni d'accents de voyage,
plus d'avis,
plus d'opinion,
Quand ils obéiront
un jour au doigt d'un dieu,
demain à l'oeil du diable
et tous les jours à leur pognon
Quand ils sauront dire oui
sans même se poser une seule question,
quand ils écouteront le clairon,
Quand ils n'auront plus que le choix de nos bénir
….ou celui de nous maudire
cette nuit là, tu vois,
cette nuit...là
Avec eux , nous mourrons.


© Astrid Shriqui Garain, 12.2016  



mardi 27 décembre 2016

Le premier automne

photo : extrait du film "Premier automne"
 d'Aude Danset et Carlos de Carvalho, 2013.




Je me fiche de la grande horloge du monde
je me fiche de la grande roue, du grand chariot, du chiffre rond,
je me fiche de la machine à nous faire perdre l'angle droit.
Moi je tourne dans le sens qui me va
je marche vers cette vie là
la vie qui va vers toi
J'ai tout mon temps
et je le prends.
Je ne me retourne pas.

Je boite, et je trottine à demi pas
je n'abats pas les montagnes
je ne fais pas long feu de tout mon bois
Je parle bas,
je rêve fort,
et je m'endors entre les bras de la grande ours,
elle et moi au soir on se comprend ,
on se guingois,
on se course,
on se paresse,
on se boussole ,
on parle d'ailes à tous les temps.
Je me fiche des heures qui passent
elles en feront toujours des siècles
une seconde ça peut bien me suffire
ça peut suffire à faire ton souvenir
un souvenir c'est un sourire qui s'en va pas
c'est une note qui joue toujours en moi.
Y en a qui dise …
« ça remplit pas
les rêves, les souvenirs ….
c'est de la ferraille qui traîne le passé
et qui laissera sa limaille entre les lames de ta pensée.
tu penses, tu penses,...
et vlan ! v'là que ça rouille
voilà : t'es toute cassée. »
Oui mais tant que j'y suis, j'y pense
et dis qu'on devrait pas avoir le goût de tout faire passer.
Je vais pas me plier en quatre pour bien me mettre en boite.
Ça tourne plus rond
mais dans l' bon sens
je marche vers cette vie là
cette vie qui vient à moi.
J'ai tout mon temps
et je le prends.
Sur la route,
dans les bras de la grande ours, je dors.
Qui sait,... ce soir,
le ciel peut être nous comprend.


Astrid Shriqui Garain, © , le premier automne , 12.2016

jeudi 23 juin 2016

Les Naufragés du fol espoir, le film Le théâtre du Soleil, Ariane Mnouchkine, Hélène Cixous




« Au départ, il y a ce roman de Jules Verne : un bateau s’échoue

 sur une île, à la pointe de la Terre de Feu, ses passagers vont 

tenter de construire une société nouvelle, un modèle pour 

l’humanité future. En juin 1914, une équipe de cinéastes tente 

l’adaptation cinématographique de ce roman.


Une fable poétique et politique, à une époque charnière où toutes 
les utopies d’un siècle naissant semblaient possibles. » 
Hèlène  Cixous.

ISBN 978-2-905012-16-6 
Collection : Théâtre du soleil editions théâtrales





Les naufragés du Fol Espoir..

 Un spectacle, un film. Une évidence.

Le théâtre parle au cinéma, le cinéma parle au théâtre.
Ils nous parlent, nous  y retrouvons notre ensemble. 
Ils nous montrent 
tel que nous sommes. 
tel que nous étions 
et portent la promesse de ce que nous deviendrons.  
  
Théâtre. Cinéma. Musique. Poésie .Arts majeurs.  

Le fol Espoir , une épopée, le rêve d'Humanité.
Humanité une terre où la barbarie serait bannie.
Liberté, égalité, humanité. 
Le fol Espoir.

Notre si beau et  fol,  Espoir.
"La vraie lutte est ici

et il n'y aura pas de guerre sous ce toit" !


"je défendrai mon pacifisme les armes à la mains" 


Oui la vraie lutte est peut être là. Sous ce toit. 

Là où  mémoire, histoire et poésie éduquent les hommes.

 leur demandent de tenir debout et d'écouter, ensemble. 
  

Les armes à bout de bras, à portée de voix ! 
Et quelles armes, quelles armes magnifiques ! 

Des peuples, des mots, des images.

Des enfants, des enfants qui écoutent, qui lisent qui comprennent ! 




c'est leur histoire ! Notre histoire, à tous. 



Ce qui se projette devant eux c'est leur histoire. 

Ils se projettent dans l'histoire.

Humanité je te devine.

Le spectateur est également acteur. 

Acteur, moteur, auteur, action. 




Le devenir ensemble. 

Cette immense question : notre devenir, 

ce vers quoi nous nous dirigeons.

Ténèbres… ? Lumières ?….

De quoi avons nous besoin pour devenir ?

Des images comme celles ci. 




Des mots comme ces mots là. 






Ces lumières. 

Cette lumière dans ce théâtre et qui restera allumée !




« La lueur obstinée d'un phare »

Cette émotion qui nous saisit à la vue de cette lueur ! 

Emotions qu'il faudra sauvegarder contre vents et marées

contre leurs guerres et les tempêtes. 

Emotion qui porte et qui élève, qui transforme, 

qui amène, qui pousse, qui entraîne


Émotion de colère pour sentiment d'indignation




Émotion de joie pour sentiment d'amour 

 

Émotion de douleur pour sentiment de sympathie 






Émotion de peur pour sentiment de partage




Émotion de plénitude pour sentiment d'humanité



L'émotion est ce qui propulse, ce qui meut. 

Émouvoir c'est provoquer un mouvement d' humanité.

C'est la promesse de son soulèvement.

Voilà comment on se sent grandie, aggrandie par des oeuvres

comme ce film, ce travail collectif du Théâtre du Soleil.

Voilà ce qu'est l'intelligence d'Humanité.  

Au coeur de ce qui se joue. 

Voilà comment on se sent vivre. 
   






Sans émotion ? 

rien ne se vit, 

rien ne se crée 

rien ne se dit.

ne se transmet. 


L'émotion est une condition de vie. 


Beauté des images, grandeur des personnages. 

Souffle, musique,  vent !


rêve, grandeur, hauteur du rêve !  






 Musique :  Jean-Jacques Lemêtre




Il fait tous les temps de la terre 

toutes les saisons du monde, 

toutes les voix des hommes.


Colère, cris, tendresse, désespoir, enfance, douceur, amitiés, 

combat...


Espoir


Le Fol Espoir voici ton Phare ! 








"Gabrielle tourne la manivelle !

Je tourne la manivelle Jean ! "





"Je tourne la manivelle ! " …." Nous poursuivons !"


« Oui, il faut éduquer les individus... La cité de justice sociale sera, en un sens, pour reprendre un beau mot de Leibniz "la cité des esprits. » (Jean Jaurès, 20 octobre 1907) 




"Madame Mnouchkine, tournez la manivelle s'il vous plaît.
Nous tournons la manivelle,  Humanité ! Nous poursuivons !
Madame Mnouchkine !   Madame Cixous !  Théâtre du Soleil ! 
Humanité  vous dit à toutes et à tous  un immense :  Merci! " 




 Oui, le 31 juillet 1914 au café du Croissant à Paris, "Ils" ont tué Jaurès".... 
Mais le Fol Espoir n'a pas fini de naviguer ! 
 et nous sommes toujours terriblement  en Vie !  
et nous poursuivons !  



Astrid Shriqui Garain, juin 2016