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lundi 27 janvier 2020

Shèva / h'amisha - 7- 5 -




Cinquième mouvement de la Partita pour violon seul n°2
 en ré mineur de Jean-Sébastien Bach,    Nemanja Radulovic, violon




Harpe silencieuse 
 
à la nudité de l’aube


la hune rature

à l’arbre déchirant


contre marche 
 
à l’immobilité des champs.

 
Virevolte l’haleine d’un hiver résistant. 
 

Telle fut ta chair limaille 
 
telle fut notre averse dans une écriture ventrale


telles furent coupes et brûlures, 
 
telles furent nos paumes pupilles rongeant les cordes

d’une nuit de ferraille


tel fut encore l’enfant 
 
léchant ses crocs 
 
dans le décor glacé d’un siècle de cristal


et puis la plaine 
 
qui avale et qui dévore


Qui...

Amen… et pour…

Quoi.

De la lune portance

en l’arbre vitrail…

Shèva, 
 
Temps de vies perdues

Autan de millions de poèmes tus.


Qui. 
 
Des forêts à l’écorce de l’os 
 
comme un ciel jeté six pieds sous l’œil des hommes. 
 

h'amisha


Dans une briffe mémoire


chaconne en corps une langue racine 
 

Dans la brume clarté du ciel, 
 

Shèva ...h'amisha


et que fasse de cette Terre ce que matin venu


comme un premier poème vécu. 
 


Astrid Shriqui Garain , 
 
 « Shèva / h'amisha , 7-5 »
01.20 



 


jeudi 29 mars 2018

ils sont en ligne








August Sander, Farming Family -1913



 Ils sont en ligne comme une phrase du passé.
Leur verbe c'est regarder. Leur histoire effacée.
Une lettre entière de regard, et leurs prénoms oubliés.
De quel siècle d'arbres sortent-ils ?
Quels mots contenaient leurs livres ? Leur rivière, leur chant.
Ils se tiennent comme arabesque en liane sur le morceau d'un village que le soleil ferait valser.
A l'oreille du diable ? à la dernière frontière passée ?
Savaient-ils qu'entre ses arbres une forêt a gardé le secret ?
Dans un champs maintenant se dresse l'infranchissable,
un trou de mémoire qui nous rendra bête comme nous a rendu sourd le bruit de vos canons.

Astrid Shriqui Garain III.2018  



lundi 16 mai 2016

Baad


 

                                                                     BAAD 

Doit-on ajouter de l'horreur à l'horreur ? Ajouter de la nuit à la nuit ?
le néant au néant ?

Pourquoi ai-je choisi ce livre ? Moi, qui ne lis jamais de roman policier,
de thriller, moi, qui n'aime pas que l'on prenne prétexte de meurtres
pour commettre tous les crimes.

Baad c'est un peu l'air irrespirable de notre temps. Une certaine idée
phénoménale. Une remise gracieuse d'un ordre que l'on voudrait moral.
Un happy-end qui se voudrait fondamental. Une utopie peut être.

Alors pourquoi avoir choisi ce livre ?
Parce que le coeur de son histoire bat en Afghanistan.
Parce qu'il décrit l'enfer que traversent des femmes , des filles,
tous ces enfants, tous ces peuples, ces villages.
Parce qu'il me rappelle également la beauté de ce pays, malgré tout,
malgré ces innombrables guerres, le carnage, malgré le trafic de
drogue, l'esclavage des corps, malgré l'horreur fanatique engendrée
par une pseudo secte politico-religieuse de mafieux.

Non il n'était pas nécessaire d'ajouter de l'horreur à l'horreur.
Mais j'aime croire que Jehol reviendra.
Qu'il n'est pas mort, qu'il est là-bas, quelque part sur ces montagnes.
Qu'il veille sur l'esprit du Lion du Pandjchir.
Alors voilà pourquoi ce titre a retenu mon attention.
Voilà pourquoi je l'ai choisi.
Même si parfois l'action est par trop véloce, par trop évidente ,
les ficelles un peu grosses.

On voudrait croire que tout est possible. Que les méchants seront bien
les perdants. Que l'horreur s'arrêtera.
Mais est- ce là le rôle de la littérature ? Mettre de l'ordre ?
Il y a eu ,déjà, tellement, tellement de fois.
Est-ce que je demande trop ? Peut on écrire sans littérature ?
Est ce bien sur ce terrain que mes propos doivent rejoindre le propos de
ce livre ?

Ces sales guerres ne finiront qu'en décompte de faits.
Une longue, si longue liste de crimes, d'abominables méfaits.
Il fait tellement nuit qu'on ne distingue plus l'immensité du mal.

Bien sur il faudra du courage, de l'obstination, beaucoup d'espoir pour
que l'horreur s'arrête. Bien sur. Certainement.
Mais il faudrait surtout l'innocence, l'innocence de le croire.
Pour cela il faudra qu'il nous en reste, encore, ne serait ce même
qu'un peu.
Opération Masse critique, mai 2016, Babelio.

« I call. You're stone.
One day you'll look and find I'm gone. »

Landay.

http://www.poetryfoundation.org/media/landays.html


BAAD , roman, Cédric Bannel , ISBN : 978-2-221-18911-5



Astrid Shriqui Garain, lecture.