dimanche 9 septembre 2018

Les Hopis, le peuple de la paix



"Danse pour la pluie"
Les Hopis, région des Four Corners.

un pas devant l'autre
et l'espoir de l'autre à tes côtés
la ville défile ce qu'elle a tissé

toujours un pas devant l'autre
et de l'autre la faim pas oubliée
la clim tourne à son propre régime
en-cas de ras de marée :
y a plus de règles
y a que des mots d'ordre
l'argent toujours ignore le rez de chaussée...

Plein emploi d'affiches, de néons, de vitrines,
partout des mots pré-fabriqués
Leurs chantiers prennent nos quartiers
Ici les usines tournent toujours à plein régime
Plein emploi de toutes les stupidités
Les écrans restent à plat sur nos rêves,
partage l'info :
la mer monte camarade !
Et c'est parce que la terre a la nausée.

Et dans les arbres il n'y aura pas de place pour tout le monde
Ceux qui possèdent du lourd seront sauvés
ceux qui sont les plus légers sont déjà relégués
L'issue de secours ? C'est pas l'escalier !
L'échelle sociale c'est une affaire de grenouille
et la grenouille en eaux troubles elle ne sait pas nager !
On aura beau danser, onduler
ici, dans la réserve même les crotales sont médusés
la pluie ne cessera plus de tomber.
Encore un pas devant l'autre
et l'espoir de l'autre à tes côtés
la ville pense ses plaieschimie, atome, prospérité fossile,
terres rares, carbone, austérité docile
humanité reléguée sous le bitume des sables consommés.

Partage l'info camarade :
Ceux qui possèdent du lourd seront sauvés
les usines tournent à plein régime
et dire que c'est notre folie qui les fait toujours tourner…

Quand la mer monte camarade…
il n'y a que sur notre bon vouloir qu'on pourra voguer.

« Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci,
une poussée exercée du bas vers le haut et égale, en intensité,
au poids du volume de liquide déplacé… »

Quand la mer monte
c'est la colère et c'est la honte
dans ces cas là
c'est à l'espoir qu'il faudra toujours bien t'accrocher.

Plein emploi d'affiches, de néons, de vitrines,
partout des mots pré-fabriqués
Leurs chantiers prennent nos quartiers
Ici les usines tournent toujours à plein régime
Plein emploi de toutes les stupidités
Les écrans restent à plat sur nos rêves,
partage l'info :
la mer monte camarade !
C'est parce que la terre a la nausée.

Astrid Shriqui Garain -  09.2018

mardi 28 août 2018

Duras et le cinéma, film de Dominique Auvray 2014



  Duras et le cinéma
un film de  Dominique Auvray 2014 


 M.D




"Le camion", Marguerite Duras, Editions de Minuit, extrait.


"Oui, le camion, c'est un film"


«India Song» (1975)....
...Son nom de Venise dans Calcutta désert» (1976)....


 "Je pense que c'est la fin du monde" M.D





Derrière la clarté des mots... 




Et le ciel...à peine. 





Anne-Marie Streiter...

...cinéma du transport poétique







M.D


Marguerite Duras et Dominique Auvray , 1984 

Dominique Auvray  fut monteuse auprès de Marguerite Duras pour les films : 

Baxter, Vera Baxter, 1976
Le camion, 1977
Le navire Night 1978 




Aout 2018

mercredi 4 juillet 2018

d'un bonheur absolu


Photographie © Nicola Davison Reed

 Je te parlerai de ces moments noirs où la vie quittait ma table
et de ce mauvais vin que je versais dessus mes larmes. 

Je te parlerai de tant d' absences
qu'entre leurs mains s'effacera mon visage.

Je te dirai avoir tout perdu
mais il est vrai que tout ne tient à rien
quand on a rien connu.

Je te dirai comment je suis revenu
tremblant de parole comme du geste.
Oui je te parlerai,
De moi, et pas d'un autre
tant il vrai qu'on ne peut toucher quelqu'un
qu'à la hauteur de ce qu'on est soi même.

Je te parlerai d'un roman noir
dans lequel une nuit a renversé la table
et qui de trois points de suspension
a dézingué ma ligne d'horizon.

Car il est vrai que rien ne rime avec rien
puisque personne n'en connaît la fin.

Et puis je te parlerai, à toi ,
toi qui viens à cette table
qui me jettes deux sous de larmes
en me disant ce n'est rien.

Mais il est vrai que rien peut nous servir à tout
tant qu'on a rien vécu.

Ou alors, je parlerai peut être beaucoup
afin de ne rien dire de trop surtout
car il est vrai que tout cela peut nous mener à tout.

 
Astrid Shriqui Garain, «  d'un bonheur absolu » , VII 2018 




une mer de rubis

"La mer rouge" 



On dit que la mer devient rubis lorsque le ciel souffle sur la nuit,
et que L'Amour est un tambour qui frappe sa parole dans nos choix.

On dit qu'il voyage de beau séjour et que chacun
se doit d’élever sa voie dans l'esprit de ses lois.

Mais on voit :
le Naufrage, et la Nuit, en silence,
planter ses pas dans le cuir des mots,
et cette peur et cette haine nous couler à flots.

On ne voit pas
que le poids de nos détresses
dresse une à une nos pierres à élever la bassesse de nos murs.

On voit que la terre devient poussière lorsque la nuit éteint le ciel,
mais on dit aussi que jusqu'au dernier grain du soleil
il est possible de conter la Vie toujours plus haut .

La fragilité est force et non faiblesse.
Protège, n'ensevelis pas.

Arrache de toi de cette armure , qui te sert tant de foi,
à repousser cet autre qui peut être toi.

Accepte les brèches possibles de ta chair.
Accepte d'écrire d'autres possibles fois.
Prends le risque de la caresse de ce que tu ne connais pas.

Hâte toi de presser ton coeur en éclats :
plus fine sera sa peau, plus loin portera ses mots.
L'Amour est un tambour, il est ton rythme.
Ne l'oublie pas.

Une histoire s'achève ici,
et notre mémoire commence de là.

On dit que l'Esprit nous entrera dans la peau
lorsque qu'un bonjour nous traversera la tête.
Alors, la mer sera de rubis et la terre sera de soleil
et nous serons, qui sait, amis, d'ici ou de là-bas,
peut être toujours de bien et encore de si beaux.

Astrid Shriqui Garain, « Une mer de rubis ». VII-2018


lundi 2 juillet 2018

Il sera dit



Les trois âges de la femme - Gustav Klimt.


"Je vivrai si longtemps,
si longtemps, que l'étoile parlera de la terre
et que la terre portera sa lumière.

Je vivrai si longtemps qu'aucun crime n'aura l'usage de nous faire taire.

je vivrai si longtemps,
si longtemps qu' à chaque heure première il sera dit le nom de la dernière.

je vivrai si longtemps,
si longtemps que mon regard embrassera ton visage
et que nos actes inventeront le possible d'un village.

Je vivrai si fort
que toute vie sera imprescriptible
et que la mort ne pourra rien y faire.

Je vivrai si longtemps
que nos portes resteront grandes ouvertes
Et que dans notre mémoire entrera chacun de nous.

Je vivrai tant et, si bien
aussi longtemps
qu'à la nuit nous ferons regretter le jour
et que devant chaque nouveau jour nous garderons Espoir.

Je vivrai aussi longtemps
que sur aucune mer,
dans aucun désert
sur aucune route
sous aucune pierre,
derrière aucun mur,
dans aucun poème et aucune prière
nous ne lâcherons la main d'aucun enfant de la terre.

Aussi longtemps
qu'enfin, ayant chassé le silence et les bruits
nous puissions toucher de notre chair
l'immense capacité de nos vies.

Je vivrai si longtemps
si longtemps que la lumière ne cessera jamais de tourner au tour de la terre
et que cette joie saura porter la plus belle lettre de notre histoire.

Je vivrai si longtemps
que la chance ne laissera plus rien ni personne au hasard

Je vivrai ,
hier, demain et, chaque aujourd'hui,

Aussi longtemps qu'à chacun de nous, désarmés par l'Amour,
il sera dit la puissance de la vie.

Si longtemps, tant et si bien,
au nom de tous, enfin, il est écrit :
il sera dit. "


Astrid Shriqui Garain, « il sera dit », VII 2018

dimanche 17 juin 2018

"À rouge-lettres-" lecture sur Haïti- Jane Evelyn Atwood




Photos de Jane Evelyn Atwood - "Haïti"



les bois en bancs
la chair en fer
sur quatre planches
un crime marche pied nu

De cette île
robe fendue 
et à dos nus

pays couleurs
aux yeux funiculaires

poids des sacs, du soleil, et de la terre
reste de ciel et le mirage des femmes
pris dans l'étrave d'un rêve

à peau-lèvres
tombe de l'île dans sa main nue

à rouge- lettres
Il faut croire qu'ici de tous leurs feus
un pauvre diable fera recette

on pourrait croire.

la main convulse et crie sa prophétie
la terre ouvre sa gueule et s'en nourrit

on doit y voir.

Une danse d'ivoire , un arbre sec
un craquement de prières
et cette terre comme un fourmillement de lumières ;

Son chant entre les dents ,
l'orage ressemble à la grimace de l'espoir . 

Tu as suivi le filin
qui recoud la beauté sur l'enfer.

De L'île à dos nu,
flotte une colère
qui ombre tes paupières.

L'ange marche et ne croit plus
Portant si nu
marchant si pâle
et le silence, de ces demains, du jour recouvre le diable.



"À rouge-lettres" , Astrid Shriqui Garain, 
VI 2018. 




Jane Evelyn Atwood - Lyonel Trouillot
Actes Sud - 2008
ISBN 978-2-7427-7537-8
"En 2005, Jane Evelyn Atwood se rend à Haïti, sa vision rompt radicalement avec l’imagerie que l’actualité impose régulièrement pour évoquer ce pays. Fascinée par ses habitants, la photographe choisit d’utiliser la couleur, avec ses ombres et ses contrastes, pour témoigner de la dignité et des espoirs d’un peuple qui ne se résout pas à la fatalité. "
 Maison Européenne de la photographie- Paris-2011

mardi 22 mai 2018

Les lèvres du monde









De l’oeil à ma bouche,
Sur les paroles du monde ,
Ta main sans détour,
apporte les retouches.
Sur les lèvres de ta bouche
Se forme son dessein.
Au revers de ton oeil
L’encre des ombres
S’écoule dans mes mains.
Tu prends le monde
Et je te laisse son empreinte.

Les lèvres du monde, Astrid Shriqui Garain I-2012

 

vendredi 18 mai 2018

le vaisseau animal



Poème d'Astrid Shriqui Garain
Peintures de Jacques Kerzanet
Musique de Lionel Ledissez


                                             Le vaisseau animal 

Chevauchées grondantes
du feu ,de bois , du cuivre,
de nos pas, de nos soleils,
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
fait route en plein ciel.
La mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.
L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute
écoute la langue des arbres
arbres qui t’adressent
dresse ton regard
tes yeux tournent
tourne l’horloge des ombres
qui talonne l’esprit de l’homme
l’homme éclate en lumière
lumière qui transperce
et brise écarte et plaque
et qui frappe sa langue
langue qui goutte
en couleurs, en distance,
en sang, jusqu’aux cendres.
Angle, brèche, vague, tempête
de feu , de bois
du cuivre de nos pas,
de nos soleils
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
te légende sur la terre
te parcourt, te hisse.
Le ciel souffle
souffle comme chair
chair qui pose
pose tes mots
mots qui
lignes en signes
bondissant au levant
la mer frappe
la terre écoute
la mer prend
de la dune au couchant
la terre appelle
la mer voyage
le ciel pleure
ce qui absente
ce qui presse
ce qui remplit
ce qui annonce
ce qui chante
ce qui bruit
comme des perles de vie
la vie qui conte et signe
un visage de pluie
L Écume
en quelques mèches de pluie
contre le feu, le bois,
la chair, la pierre,
contre le cuivre de nos pas
un nuage de poussière
dans l’océan d’un soleil
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
percute le ciel.
C’est ton chant
C’est ta main
c’est ton bras
ta route, un lac,
la partition de ton temps
L’oreille d’un regard
à la bouche de l’absent
et tu sens que la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule.
Et toi passe son seuil.
Son qui frappe l’écueil.
C’est l’écho de ces traits.
que tu attends.
Frappe brume d’étoiles
Porte, frappe,
touche les couleurs de ta route
et comprends.
Le vaisseau animal t’entend.
la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.
L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute.
Le vaisseau animal t’attend.



jeudi 26 avril 2018

Deux sons d'horloge






Chemin ciment,
un bus agrafe un visage sur la rue.
Ticket partant sur une ligne de papier d'argent.
Un corps se courbe. Poste restante.
Sur un nuage de lilas blancs
un point s'oppose à la question.
Deux sons d' horloge et voilà que cette ville l'enveloppe.



Astrid Shriqui Garain , " deux sons d'horloge", IV-2018.

Kids



"Kids", Astrid Shriqui Garain
Crayon 
 

Mon island






" mon island", Astrid Shriqui Garain 
Crayon



lundi 23 avril 2018

de la vallée de Luz ( préparatoire)






La vallée de Luz - I- ( préparatoire)
Astrid Shriqui Garain

Des organiques 31 - 311






"Des organiques 31"
 crayon, Astrid Shriqui Garain 





"Des organiques 311"
 Nulérisation sur crayon, Astrid Shriqui Garain 





dimanche 22 avril 2018

vendredi 20 avril 2018

Des organiques 29


Des organiques, 29, Astrid Shriqui Garain 
Crayon.

Le village bleu







 " Le village bleu", Astrid Shriqui Garain 




les hirondelles





Entre ses doigts , une route déroule la bobine du temps.
Comme un dernier tournant,
Une branche se courbe au passage du printemps.

Cette barrière qui nous ouvre les bras,
C'est une musique douce qui ne me quitte pas.


Nichée dans le miel du bois,
ma mémoire ne tremble pas.

Bientôt la maille posée sur mon bras,
et l'écriture de tes gestes sur l'écho de tes pas.

Un parfum d'hirondelle brûlant dans une cuillère de ciel,
C'est cette musique chaude que je revois.



Astrid Shriqui Garain, "Les hirondelles", IV 2018 .


Contre courant







Photographie : Thibault Vandermersch/EPA/MaxPPP 
Notre-Dame-des-Landes, Journal La Croix, 09.04.2018.


 Contre courant
Courant contre la foule
il faut tenir debout
les mains dessous la tête
deux jambes et le souffle trop court. 

Un fruit dans une main
une fleur plantée dans l'âme
un arbre derrière ta barricade. 

On s'arme et tu es toujours debout,
debout poussant,
contre courant,
courant contre la foule,
des cris débordant de la route.

Voici que la nuit est entrée dans le jour.

Un casque contre ta tête
Trois lettres sur une veste
Tu cours contre la foule
Debout poussant
les mains dessous la tête.

Tu pousses parmi les hommes
Tu pousses contre la foule.
Il faut tenir debout.
Un fruit dans une main
La fleur ouverte dans ton âme
Un arbre derrière ta barricade.

On brûle -
coulent tes larmes

On brise -
pleurent les source

On hurle -
chantera demain le jour.

Chanson pour une fleur, le fruit et pour les arbres
Contre la trique, les ordres et leurs gens d'armes,

Sèchent tes larmes
brille une source
contre courant
chante face à la foule
L'arbre toujours
pousse debout.

Une graine dans une main
Ce jour planté dans l'âme
Une forêt derrière nos barricades."

Astrid Shriqui Garain, "Contre courant",
IV 2018 . 
 
 

mardi 17 avril 2018

La Roche tendre

                                                "La Roche tendre"



 
J'ai des images pleines de toi
Lilas de beau septembre,
couleurs de mûres sur les doigts,
bruits de charrue que l'on assemble,
petites planches de bois.

02 rue du buis c'est une adresse
sur laquelle je ne mettrai pas de croix.
La Roche sait être tendre
pour ceux qui n'oublient pas. .

La huppe près du figuier,
fenêtres blanches près de la grange,
chanson légère qui se balance,
au mat fleuri de jolis draps.

02 rue du buis c'est une adresse
sur laquelle je ne pose pas de croix
La Roche sait être tendre
pour ceux qui n'oublient pas

Toi qui faisait toujours silence
en invitant parfois les anges
tu as toujours fait ce qu'il fallait
pour que les mots gardent leur sens,

Tu as ton coeur si près de moi
toi qui as mis l'été dans mes souliers
La Roche reste si grande
pour ceux qu'on oublie pas.
Fenêtres blanches près de la grange,
parfum de mûres au bout des doigts,
Jolie carte du tendre
sur laquelle tu m'as laissé ton adresse
Papa.


 Astrid Shriqui Garain

à toi qui es entré au jardin. 

 

La vie est ainsi fête




Jardin des Plantes, Les grandes Serres - Paris



La vie est ainsi fête
qu'il me faut bien abandonner
tous mes petits regrets,
et cela, sans vous froisser.
Les mots reviennent, ils ne sont pas usés.
Un peu,
ils me font peine
d'une rengaine que vous poussiez du bout du pied.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faut bien vous le chanter
ce souvenir que rien ne pourra effacer.
Belles images dans ce jardin fleurissent.
Coule la Seine sur le sentier de la vie
Jolis mots tombés du ciel
jetés au grand voyage bleu de la nuit.
Mais la folie et ce qui reste
sont les chevaux de nos poèmes.
Toutes les rimes tiennent à leur fil
aussi fort que nos mains tiennent à la vie.
La vie est ainsi fête
Il y fera toujours joliment vivre de vous aimer
dans la musique de ce poème
et sur toutes les lignes de ce Paris.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faudra toujours vous le chanter
Dans tous les printemps de cette image
rien ne pourra effacer
ces quelques notes de la Seine
blotties l'une dans l'autre sur les sourires de la nuit.
Coulera toujours sur cette Seine
tous les sentiers de la vie.
Je garde cette image
et cela, sans rien froisser
Puisque la vie est ainsi fête
qu'elle n'est de bonne à vivre qu'à nous aimer
Et n'est de vrai qu'à le chanter.
Belles images dans un jardin fleuri
Jolis mots donnés au ciel
au grand voyage de nos vies.


Astrid Shriqui Garain



samedi 14 avril 2018

Rondo, la fable de l'étoile

"rondo, la fable de l'étoile"
Stylo, Astrid Shriqui Garain 
 


Le messager


 "Le messager"
brou de noix,pastels et crayons 
Astrid Shriqui Garain 
 

L'arbre à main





"L'arbre à main " crayon - 

 Astrid Shrqui Garain

la petite boite d'allumettes






Elle vous assomme la mort.
Elle vous fracasse la gueule.
Toutes ces grandes pensées, tous ces grands mots
c'est plus que des poignées de terre qui font des ronds dans l'eau.

Elle vous en jette plein la tête la mort.
Elle se déverse à l'intérieur, elle vous noie et vous inonde.
Elle vous pisse dans l'âme,
c'est une chienne la mort,
elle vous arrache les lèvres,
elle vous ferme les yeux et vous brise les os.

Elle vous laisse seul avec entre les mains un seul mot.

Faut dire qu'elle a une grande gueule la mort,
devant elle on voudrait tous bien se tenir sur le carreau,
se faire beau, être grand, se faire propre.
Avoir en fin une gueule comme il faut.

Ça vous impose son image, ça ne bouge plus, ça respire pas.
Ça n'a ni chaud, ni froid,
pourtant elle vous grille le cerveau et vous glace la peau.

On voudrait dire, on voudrait bien le dire.
Mais le temps de le dire la mort vous frappe dans le dos.

L'horloge s’arrête mais le temps presse
aussi fort que la mort vous transperce.

La mort peut toujours courir
avec dans sa gueule les restes d'un dernier mot ,
elle peut toujours courir ,
mais elle n'aura pas le premier mot.

On reste avec
avec ce mot qui remplie et qui calme
avec ce mot qui clignote à l'enseigne de l'âme
On reste là avec sa petite boite d'allumettes.

C'est un cadeau que la vie vous donne
Pas un mot que la mort nous laisse.

La mort ne mérite pas de grands mots.

On entend ses larmes qui font des trous dans l'âme
Mais nous on reste
avec entre nos mains, notre petite boite d'allumettes.

L'idée fleurit,
on se voudrait se savoir moins transi
on se voudrait se pouvoir moins petit
on vous voudrait tellement bien voir tout ce qui reste,
pouvoir revoir, mais le temps presse.

Et nous on reste
avec entre nos mains, nos petit bouts d'allumettes.

Alors devant le bruit des larmes
et à travers le silence des flammes
on dessine des mots comme on signe un visage
Et puis on sourit aux nuages,
à tous ceux qui viennent ,
qui nous dépassent et nous caressent
du bout de leur jolie langue d'oiseau.

Déjà l'horloge repart et le temps presse...
plus loin que la mort nous transperce
si haut que le vol d'un oiseau
avec entre les mains tout notre temps
à la lumière de ce qui reste.

L'horloge repart et nous on reste
avec notre petite boite d’allumettes.


III.2018 -  Astrid Shriqui Garain