mardi 16 octobre 2018

"Or, c'était le jour, mais tout alentour une nuit", Pline le Jeune




" c'était le jour"
pastels, gouache, fusain

 Vésuve - 79
Astrid Shriqui Garain 

"Ignorant et les temps et la race mortelle,
Sans plus se soucier des fils que des aïeux,
Esclave du Destin qui règne et vit en elle,
Éternellement jeune, éternellement belle,
La nature poursuit son cours mystérieux.
Les peuples cependant, les langues, les empires,
Meurent; aux jours mauvais succèdent les jours pires:
Rien ne trouble sa marche et sa sérénité.
Et l’homme ose ici-bas parler d’éternité !"



Le Gênet ou la fleur du Vésuve, extrait

Giacomo Leopardi




Le théâtre de poche






"Le théâtre de poche"
Encre de chine - 10.2018
Astrid Shriqui Garain 




lundi 15 octobre 2018

lundi 8 octobre 2018

L'oiseau bleu

L'oiseau bleu, Marc Chagall, 1952 

 

 

 "il y a dans mon coeur un oiseau bleu qui veut sortir mais je suis trop malin, je ne le laisse sortir que de temps en temps la nuit quand tout le monde dort je lui dis, je sais que tu es là, alors ne sois pas triste." 

Charles Bukowski – L’oiseau bleu, extrait.

L'automne





L'automne 
Encre de Chine, pastels 
Astrid Shriqui Garain 

Une vague Idée





 "Une vague Idée"
Encre de Chine, pastels
Astrid Shriqui Garain 



La semeuse





 " La semeuse" 
Encre de chine, pastels
Astrid Shriqui Garain 10.2018 




dimanche 30 septembre 2018

à travers les légendes et les poèmes






 "Naïade" - Astrid Shriqui Garain - Dessin crayon - 


"Quand les nombres et les figures
Ne seront plus la clef de toute créature,
Quand, par les chansons et les baisers
Nous en saurons plus long que les savants,
Quand l'ombre et la lumière
Se marieront à nouveau dans la pure clarté,
Quand à travers les légendes et les poèmes
Nous connaîtrons la vraie histoire du monde,
Alors s'évanouira devant l'unique mot secret
Ce contresens que nous appelons réalité."
------------
Friedrich von Hardenberg dit Novalis
(1800)

dimanche 23 septembre 2018

mercredi 19 septembre 2018

Peut-être est-ce là






Peut-être est-ce là, qu'il conviendrait de te dire
qu'il ne peut y avoir de bonheur à vivre
sans que résonne en nous l'esprit de son partage.

Le temps est fragile, comme le sont les images,
Il est parfois mémoire, mais il suit toujours notre regard.

Il fait soudain revivre ce que la nuit voudrait emporter au fond de ses miroirs,
Mais marchant aux côtés de nos espoirs,
toujours en nous, il fait renaître la raison qui nous pousse
à construire nos plus nobles maisons.

Maisons courant d'air
de là en notre chair
versant tendresse dans la pensée de chacun de nos mots
Maisons
aux œuvres bleues,
aux seuils ronds et généreux,
à la ligne solaire de tous nos feux
aux naturels desseins de nos voyages.
Maison théâtre de tous nos actes sculptant notre langage.

Peut-être est-ce là qu'il conviendrait de saisir nos mains
à l'instant de ce bonheur que nous pensions passible d'impossible
là, au regard de l’invisible qui touche les paumes de nos mains
et grave en silence ses heures dans la pupille de notre choeur.

Et Peut-être est-ce là, qu'il conviendrait de nous unir
sans rien croire mais certains, obstinément,
que tout bonheur est éclair passant,
à mots courants et renversants
et qu'en nous traversant il sème en chacun de nous
le plus puissant des remèdes à cette folie qui frappe à notre temps.

Peut être est-ce maintenant que nous devons nous souvenir
qu'il ne fut jamais affaire de promesse
Oui peut être est-ce là qu'il me faudra te dire
sous la lumière de ce partage
ce que j'éprouve ici comme bel amour d'un lieu
qu'à présent je ne cesserai jamais de vous écrire.

Peut-être est-ce là , IX 2018,
Astrid Shriqui Garain

dimanche 9 septembre 2018

Les Hopis, le peuple de la paix



"Danse pour la pluie"
Les Hopis, région des Four Corners.

un pas devant l'autre
et l'espoir de l'autre à tes côtés
la ville défile ce qu'elle a tissé

toujours un pas devant l'autre
et de l'autre la faim pas oubliée
la clim tourne à son propre régime
en-cas de ras de marée :
y a plus de règles
y a que des mots d'ordre
l'argent toujours ignore le rez de chaussée...

Plein emploi d'affiches, de néons, de vitrines,
partout des mots pré-fabriqués
Leurs chantiers prennent nos quartiers
Ici les usines tournent toujours à plein régime
Plein emploi de toutes les stupidités
Les écrans restent à plat sur nos rêves,
partage l'info :
la mer monte camarade !
Et c'est parce que la terre a la nausée.

Et dans les arbres il n'y aura pas de place pour tout le monde
Ceux qui possèdent du lourd seront sauvés
ceux qui sont les plus légers sont déjà relégués
L'issue de secours ? C'est pas l'escalier !
L'échelle sociale c'est une affaire de grenouille
et la grenouille en eaux troubles elle ne sait pas nager !
On aura beau danser, onduler
ici, dans la réserve même les crotales sont médusés
la pluie ne cessera plus de tomber.
Encore un pas devant l'autre
et l'espoir de l'autre à tes côtés
la ville pense ses plaieschimie, atome, prospérité fossile,
terres rares, carbone, austérité docile
humanité reléguée sous le bitume des sables consommés.

Partage l'info camarade :
Ceux qui possèdent du lourd seront sauvés
les usines tournent à plein régime
et dire que c'est notre folie qui les fait toujours tourner…

Quand la mer monte camarade…
il n'y a que sur notre bon vouloir qu'on pourra voguer.

« Tout corps plongé dans un liquide subit, de la part de celui-ci,
une poussée exercée du bas vers le haut et égale, en intensité,
au poids du volume de liquide déplacé… »

Quand la mer monte
c'est la colère et c'est la honte
dans ces cas là
c'est à l'espoir qu'il faudra toujours bien t'accrocher.

Plein emploi d'affiches, de néons, de vitrines,
partout des mots pré-fabriqués
Leurs chantiers prennent nos quartiers
Ici les usines tournent toujours à plein régime
Plein emploi de toutes les stupidités
Les écrans restent à plat sur nos rêves,
partage l'info :
la mer monte camarade !
C'est parce que la terre a la nausée.

Astrid Shriqui Garain -  09.2018

mardi 28 août 2018

Duras et le cinéma, film de Dominique Auvray 2014



  Duras et le cinéma
un film de  Dominique Auvray 2014 


 M.D




"Le camion", Marguerite Duras, Editions de Minuit, extrait.


"Oui, le camion, c'est un film"


«India Song» (1975)....
...Son nom de Venise dans Calcutta désert» (1976)....


 "Je pense que c'est la fin du monde" M.D





Derrière la clarté des mots... 




Et le ciel...à peine. 





Anne-Marie Streiter...

...cinéma du transport poétique







M.D


Marguerite Duras et Dominique Auvray , 1984 

Dominique Auvray  fut monteuse auprès de Marguerite Duras pour les films : 

Baxter, Vera Baxter, 1976
Le camion, 1977
Le navire Night 1978 




Aout 2018

mercredi 4 juillet 2018

d'un bonheur absolu


Photographie © Nicola Davison Reed

 Je te parlerai de ces moments noirs où la vie quittait ma table
et de ce mauvais vin que je versais dessus mes larmes. 

Je te parlerai de tant d' absences
qu'entre leurs mains s'effacera mon visage.

Je te dirai avoir tout perdu
mais il est vrai que tout ne tient à rien
quand on a rien connu.

Je te dirai comment je suis revenu
tremblant de parole comme du geste.
Oui je te parlerai,
De moi, et pas d'un autre
tant il vrai qu'on ne peut toucher quelqu'un
qu'à la hauteur de ce qu'on est soi même.

Je te parlerai d'un roman noir
dans lequel une nuit a renversé la table
et qui de trois points de suspension
a dézingué ma ligne d'horizon.

Car il est vrai que rien ne rime avec rien
puisque personne n'en connaît la fin.

Et puis je te parlerai, à toi ,
toi qui viens à cette table
qui me jettes deux sous de larmes
en me disant ce n'est rien.

Mais il est vrai que rien peut nous servir à tout
tant qu'on a rien vécu.

Ou alors, je parlerai peut être beaucoup
afin de ne rien dire de trop surtout
car il est vrai que tout cela peut nous mener à tout.

 
Astrid Shriqui Garain, «  d'un bonheur absolu » , VII 2018 




une mer de rubis

"La mer rouge" 



On dit que la mer devient rubis lorsque le ciel souffle sur la nuit,
et que L'Amour est un tambour qui frappe sa parole dans nos choix.

On dit qu'il voyage de beau séjour et que chacun
se doit d’élever sa voie dans l'esprit de ses lois.

Mais on voit :
le Naufrage, et la Nuit, en silence,
planter ses pas dans le cuir des mots,
et cette peur et cette haine nous couler à flots.

On ne voit pas
que le poids de nos détresses
dresse une à une nos pierres à élever la bassesse de nos murs.

On voit que la terre devient poussière lorsque la nuit éteint le ciel,
mais on dit aussi que jusqu'au dernier grain du soleil
il est possible de conter la Vie toujours plus haut .

La fragilité est force et non faiblesse.
Protège, n'ensevelis pas.

Arrache de toi de cette armure , qui te sert tant de foi,
à repousser cet autre qui peut être toi.

Accepte les brèches possibles de ta chair.
Accepte d'écrire d'autres possibles fois.
Prends le risque de la caresse de ce que tu ne connais pas.

Hâte toi de presser ton coeur en éclats :
plus fine sera sa peau, plus loin portera ses mots.
L'Amour est un tambour, il est ton rythme.
Ne l'oublie pas.

Une histoire s'achève ici,
et notre mémoire commence de là.

On dit que l'Esprit nous entrera dans la peau
lorsque qu'un bonjour nous traversera la tête.
Alors, la mer sera de rubis et la terre sera de soleil
et nous serons, qui sait, amis, d'ici ou de là-bas,
peut être toujours de bien et encore de si beaux.

Astrid Shriqui Garain, « Une mer de rubis ». VII-2018


lundi 2 juillet 2018

Il sera dit



Les trois âges de la femme - Gustav Klimt.


"Je vivrai si longtemps,
si longtemps, que l'étoile parlera de la terre
et que la terre portera sa lumière.

Je vivrai si longtemps qu'aucun crime n'aura l'usage de nous faire taire.

je vivrai si longtemps,
si longtemps qu' à chaque heure première il sera dit le nom de la dernière.

je vivrai si longtemps,
si longtemps que mon regard embrassera ton visage
et que nos actes inventeront le possible d'un village.

Je vivrai si fort
que toute vie sera imprescriptible
et que la mort ne pourra rien y faire.

Je vivrai si longtemps
que nos portes resteront grandes ouvertes
Et que dans notre mémoire entrera chacun de nous.

Je vivrai tant et, si bien
aussi longtemps
qu'à la nuit nous ferons regretter le jour
et que devant chaque nouveau jour nous garderons Espoir.

Je vivrai aussi longtemps
que sur aucune mer,
dans aucun désert
sur aucune route
sous aucune pierre,
derrière aucun mur,
dans aucun poème et aucune prière
nous ne lâcherons la main d'aucun enfant de la terre.

Aussi longtemps
qu'enfin, ayant chassé le silence et les bruits
nous puissions toucher de notre chair
l'immense capacité de nos vies.

Je vivrai si longtemps
si longtemps que la lumière ne cessera jamais de tourner au tour de la terre
et que cette joie saura porter la plus belle lettre de notre histoire.

Je vivrai si longtemps
que la chance ne laissera plus rien ni personne au hasard

Je vivrai ,
hier, demain et, chaque aujourd'hui,

Aussi longtemps qu'à chacun de nous, désarmés par l'Amour,
il sera dit la puissance de la vie.

Si longtemps, tant et si bien,
au nom de tous, enfin, il est écrit :
il sera dit. "


Astrid Shriqui Garain, « il sera dit », VII 2018

dimanche 17 juin 2018

"À rouge-lettres-" lecture sur Haïti- Jane Evelyn Atwood




Photos de Jane Evelyn Atwood - "Haïti"



les bois en bancs
la chair en fer
sur quatre planches
un crime marche pied nu

De cette île
robe fendue 
et à dos nus

pays couleurs
aux yeux funiculaires

poids des sacs, du soleil, et de la terre
reste de ciel et le mirage des femmes
pris dans l'étrave d'un rêve

à peau-lèvres
tombe de l'île dans sa main nue

à rouge- lettres
Il faut croire qu'ici de tous leurs feus
un pauvre diable fera recette

on pourrait croire.

la main convulse et crie sa prophétie
la terre ouvre sa gueule et s'en nourrit

on doit y voir.

Une danse d'ivoire , un arbre sec
un craquement de prières
et cette terre comme un fourmillement de lumières ;

Son chant entre les dents ,
l'orage ressemble à la grimace de l'espoir . 

Tu as suivi le filin
qui recoud la beauté sur l'enfer.

De L'île à dos nu,
flotte une colère
qui ombre tes paupières.

L'ange marche et ne croit plus
Portant si nu
marchant si pâle
et le silence, de ces demains, du jour recouvre le diable.



"À rouge-lettres" , Astrid Shriqui Garain, 
VI 2018. 




Jane Evelyn Atwood - Lyonel Trouillot
Actes Sud - 2008
ISBN 978-2-7427-7537-8
"En 2005, Jane Evelyn Atwood se rend à Haïti, sa vision rompt radicalement avec l’imagerie que l’actualité impose régulièrement pour évoquer ce pays. Fascinée par ses habitants, la photographe choisit d’utiliser la couleur, avec ses ombres et ses contrastes, pour témoigner de la dignité et des espoirs d’un peuple qui ne se résout pas à la fatalité. "
 Maison Européenne de la photographie- Paris-2011

mardi 22 mai 2018

Les lèvres du monde









De l’oeil à ma bouche,
Sur les paroles du monde ,
Ta main sans détour,
apporte les retouches.
Sur les lèvres de ta bouche
Se forme son dessein.
Au revers de ton oeil
L’encre des ombres
S’écoule dans mes mains.
Tu prends le monde
Et je te laisse son empreinte.

Les lèvres du monde, Astrid Shriqui Garain I-2012

 

vendredi 18 mai 2018

le vaisseau animal



Poème d'Astrid Shriqui Garain
Peintures de Jacques Kerzanet
Musique de Lionel Ledissez


                                             Le vaisseau animal 

Chevauchées grondantes
du feu ,de bois , du cuivre,
de nos pas, de nos soleils,
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
fait route en plein ciel.
La mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.
L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute
écoute la langue des arbres
arbres qui t’adressent
dresse ton regard
tes yeux tournent
tourne l’horloge des ombres
qui talonne l’esprit de l’homme
l’homme éclate en lumière
lumière qui transperce
et brise écarte et plaque
et qui frappe sa langue
langue qui goutte
en couleurs, en distance,
en sang, jusqu’aux cendres.
Angle, brèche, vague, tempête
de feu , de bois
du cuivre de nos pas,
de nos soleils
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
te légende sur la terre
te parcourt, te hisse.
Le ciel souffle
souffle comme chair
chair qui pose
pose tes mots
mots qui
lignes en signes
bondissant au levant
la mer frappe
la terre écoute
la mer prend
de la dune au couchant
la terre appelle
la mer voyage
le ciel pleure
ce qui absente
ce qui presse
ce qui remplit
ce qui annonce
ce qui chante
ce qui bruit
comme des perles de vie
la vie qui conte et signe
un visage de pluie
L Écume
en quelques mèches de pluie
contre le feu, le bois,
la chair, la pierre,
contre le cuivre de nos pas
un nuage de poussière
dans l’océan d’un soleil
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
percute le ciel.
C’est ton chant
C’est ta main
c’est ton bras
ta route, un lac,
la partition de ton temps
L’oreille d’un regard
à la bouche de l’absent
et tu sens que la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule.
Et toi passe son seuil.
Son qui frappe l’écueil.
C’est l’écho de ces traits.
que tu attends.
Frappe brume d’étoiles
Porte, frappe,
touche les couleurs de ta route
et comprends.
Le vaisseau animal t’entend.
la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.
L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute.
Le vaisseau animal t’attend.