Affichage des articles dont le libellé est Fabienne Verdier. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Fabienne Verdier. Afficher tous les articles

jeudi 8 septembre 2016

A cette fin des anges cléments inventèrent... Josef Nad expose au Collège des Bernardins à Paris




      " A cette fin des anges cléments inventèrent et proposèrent souvent des figures, caractères, formes et paroles inconnus de nous les mortels. et merveilleux et dépourvus de sens selon l'usage habituel de la langue, mais nous induisant, à travers la plus haute admiration de notre raison, à une recherche assidue des choses intelligibles, puis à la vénération et à l'amour de ces mêmes choses".

Johannes Reuclin, de arte caballistica, Hagenhau, 1517-III



    Tenter de  faire part de son émotion.

     C'est faire appel à nos cellules miroirs.  

                              Cellules :  Obscurité.

                               Miroir : la lumière. 

                           Camera obscura. 

 
                      Émotion du geste, 


                             du lieu, 


                               de la respiration, 

                        du silence, de la pierre, 

                                               de la grâce , de la lumière. 

              L' émotion enfante le sentiment du partage.  

              besoin de reformuler l'émotion , "l' empreinter", donner lecture.  
  

                  Le geste : les photogrammes de Josef Nadj













                          Le lieu : 

               l'ancienne sacristie du Collège des Bernardins à Paris 


photographie © Astrid Shriqui Garain - 09.2016
photographies © Astrid Shriqui Garain - 09.2016





                        la respiration : 

                        la lumière plongeant dans la pierre 
                        rebondissant, resplendissant   sur chaque "lettre" que 
                        prononce l'artiste. 

                        Un élan, un rythme.  une danse fait d'herbe, de paille, de limbe, 
                        de peau, de graines, et de panicules. 


                         Le souffle de l'inspiration, l'extase de la révélation. 

                        Respiration. Grâce, lumière , élévation.  
    
                        Silence. Contemplation









                  C'est comme cela que l'on construit sa maison, 
                  en élevant les pierres par des gestes qui suivent la lumière 
                  c'est un peu comme cela que je la vois.
 

                 Les photogrammes de Josef Nadj provoque une charge d'émotions.
                 Une recharge plus exactement. 
                 Il fait  apparaître au delà de ce que nous voyons, supposons,
                 déterminons, évaluons, croyons savoir. 
                 Quittons le monde du "tout savoir". 

                 Entrons dans un infiniment aimable ressenti. 

                Me  revient alors en mémoire les gestes de Fabienne Verdier. 
                Concorde-danse.   

                 Un monde existe. D'autres mondes existent et cohabitent. 
                 Un ensemble , un crépitement, un bruissement, et lorsque la lumière
                 est considérée comme une révélation et non comme un révélateur
                 alors il est possible que la poésie du monde nous parvienne. 

                 Que l'amitié, l'amour nous parvienne. 
    
                 De l'infiniment petit, du plus léger, du plus transparent, du plus  
                 insoupçonnable, il y a intelligence d'un même langage .

                 C'est ma conviction.

                 Concorde - danse .  réciprocité, multiplicité, abondance,
                 reconnaissance . Tout est extrêmement fin et relié. 
                 

                Bien sur évidement les artistes ne cessent, et ne cesseront jamais 

                de le reformuler encore et en corps.  

                Chasseurs - cueilleurs arpentant sans relâche les mondes. 

                Établissant ainsi  la carte in-finie de la connectique 

                d'un même langage.  Mi anges- mi abeilles.  L'art produit notre miel.
  
                Chacun à leur façon, chacun avec leur propre lumière.
               
               C'est comme cela qu'on élève une maison dans laquelle devront

                vivre tous les hommes.  

                 Oui, Cher Vassili, vous ne cessez pas d'avoir raison.: 

                 il y a "belle et bien" du spirituel dans l'art. 

               Cette exposition se terminera le 22 septembre 2016. 
               
               L'accès est libre.  

              
               Dans l'ancienne sacristie le moine Gunther vous accueillera. 

               Il dort mais il me semble qu'il veille à la fois. 


                Bonne exposition à vous. 

               

                Astrid Shriqui Garain - 08.09.2016 

 




Pour toute information sur le travail de Josef Nadj : 
Bureau Plato, 01 43 38 56 63
contact@bureauplato.com 





              

mardi 31 mai 2016

Bruges-La-Morte, Georges Rodenbach



Décidément
il était le bon génie de la cité, qui la révélait à elle-même,
lui mettait au jour d’occultes trésors, qu’elle ignorait.
    Georges Rodenbach, ... "Le Carillonneur"




« Ay Marieke ....Marieke je t'aimais tant 

Entre les tours de Bruges et Gand
 
Ay Marieke.... 

Marieke il y a longtemps ... »
 
                                             chante le Grand Jacques






« C’est tout là-bas, parmi le nord où tout est mort :

Des beffrois survivant dans l’air frileux du nord »

chante Grand Georges 

( Georges Rodenbach - poème, paysages de ville ( XIV) )


«  leçon de silence venue des canaux immobiles, à qui leur 

    calme vaut la présence de nobles cygnes »


Fernand Khnopff, Bruges, l'entrée du Béguinage - 1904




 «  J’ai voulu montrer combien par un seul trait, on pouvait 

évoquer tout un paysage, des côtes découpées, des récifs… 

Et ainsi toucher l’infini. » 

Fabienne Verdier 


 "Mater dolorosa d'après Simon Marmion " ,

 Fabienne Verdier




« Cela sent la mort, le Moyen-Age, Venise en noir, les 

spectres routiniers … cependant Bruges s’en va, elle aussi » 

Charles Baudelaire



les cloches tintent , 

les marbres portent, 

les mantes noires , 

la nuit coule et les âmes pleurent…


« Ay Marieke Marieke il y a longtemps ... »






«  il flotte une odeur de linge humide, de coiffes défraîchies à 

    la pluie,... »


« Ils peignent comme on prie »…



ils peignent la lumière ...à s'y méprendre.. 

L'illusion crée la profondeur.

Du pain béni. ... 





                               Les trois figures, Léon Spilliaert 
 

....Elles murmurent, 

elles espionnent, elles trottent , 

se signent , se faufilent. 

Les miroirs de Bruges ont leurs servantes. 

 


Bruges la froide, Bruges la morte…

étonnante création. 

Bruges ... « soror dolorosa » ... 

« pénétrations de l'âme et des choses », 

«  nous entrons en elles tandis qu'elles pénètrent en 

nous, »... Bruges, ...cette morte. 
 
« Toute cité est un état d'âme ». 


 F.  Khnopff 

Bruges la morte... , étrange roman, 

qui me fait découvrir une ville que je pensais... mais ignorais.


Bruges, les « Bruges », 

ville pleine, ville vide, ville ombre, ville flamme, ville chant, 

ville psaume, ville glas, ville tocsin, ville seule , ville pardon,

 ville songe, ville fantôme, ville refuge, ville dérive, ville phare.

Les Flandres se dressent, se reflètent, les Flandres 

regardent, scrutent, dominent.

Bruges , la Venise du Nord. Bruges l'espagnole, 

Bruges la catholique, Bruges l'étrange.., 

la mystique, la gardienne.



  Jan Van Eyck


« La ville est une sirène qui fait perdre la mémoire à celui qui 

la façonne afin qu'elle puisse conserver son âme. 

Architecture mnémonique.
 
Prend garde conquérant ! 

La ville peut te transformer en esclave.
 
La ville tient registre d'elle même. 

Par les signes qu'elle porte en elle elle offre un nouveau

 langage à l'homme. 

Signe de pouvoir, de servitude, de magnificence, 

de plaisir , de rêve.
 
Tout fait signe dans la ville. 

Celui qui a reçu la lecture des signes d'une ville , 

où qu'il se trouve tentera de retrouver ces signes n'importe 

où.

 C'est le langage de la ville qu'il l'occupe à présent, 

qu'il a à l'esprit. 

"Il ne sait plus voir dans un vol d'oiseau l'arrivée d'un orage

 mais à présent il reconnaîtra le visage d'un dieu dans

 l'écorce d'un arbre... » ainsi commentais-je 

les Villes Invisibles d'Italo Calvino.

L'empreinte qu'une ville nous laisse est elle plus marquante

que la forme que nous lui donnons ? …


Bruges , tout là bas, parmi le nord...

Bruges toujours muette , et de ce saint-sang coule en corps.









Astrid Shriqui Garain, lecture 






mardi 24 mai 2016

the Juilliard Experience











" The Juilliard Experience", NY, Fabienne Verdier 



Un mot peut être et c’est la nuit qu’on l’on berce.
 

Une lettre encore et c’est l’ombre que l’on chasse.
 

C’est un chant qui plaque sa cadence contre le silence du monde.

La mélodie qui projette la note sous le feu de la ronde. 


Un do peut être,


et c’est la lumière qui se dresse. 


Une tierce encore


et c’est cristal nuque dans l’homme.
 

C’est un chant qui encolle mémoire,

Une lettre  qui arpège l’histoire, 


Une tempête qui nous importe, 


la fenêtre qui inspire tous les possibles de l’homme
 

 et qui cravache miroir sur la brande du regard.

La clé peut être, 


et c’est une carte que l’on porte. 


Le pas encore,


où un poème peut être,
 

juste la vie qui danse ce qui nous chante
 

sur les pavés plein ciel du tendre.




© - Astrid Shriqui Garain 





vendredi 20 mai 2016

Entre ciel et terre, Fabienne Verdier

Entre ciel et terre, Fabienne Verdier



ISBN : 2226178473
Éditeur  : Albin Michel  (2007)
Fabienne Verdier, Charles Juliet, Dolorès Marat, Naoya Hatakeyama






Fabienne Verdier, portrait , 
photographie de Dolores Marat, extrait. 



Atelier de Fabienne Verdier, 
photographie de Naoya Hatakeyama





Arboretum de l'imaginaire, extraits. 






"Entrer  dans la longue patience" … par la béance de l'être.
 «  Se lover au plus intime de soi ». «  se tenir en retrait » et puis se mettre en marche et par l'élan se transporter, se projeter.
 

La ligne, le trait,, l'élan, le souffle.
 

Projeter la note, la force, explorer le flux , le courant. 

« Se tenir au contact de ses ressources et à l'écoute de sa nécessité », 
faire marche, 
faire mouvement, 
faire corps avec l'espace qui nous accueille et dans lequel nous évoluons.
 

Puisque qu'évolution est élévation. 

Plonger à la source du mystère. Avec détachement, avec gratitude. Avec conscience. 
Suivre le trait, la ligne mélodique du monde, 

se connaître inspirer, 
se vouloir aspirer, 
se pouvoir respirer plus loin, 
plus haut .
 

Prendre note, saisir l'instant, retranscrire la polyphonie de la forme de l'esprit qui anime tout ce qui est. 
En nous, par nous, autour de nous. En Tout. 


Être souffle, être mouvement, être rythme, être l'instant du mouvement. 


Évocation de la certaine intelligence du monde, Poésie.
 

Fabienne Verdier est peintre-lettrée. Elle est poète. Elle nous guide à travers ses randonnées imaginaires. Là où « toutes les métamorphoses singulières naissent d'un principe constant » . 
Elle est l'écho révélateur. Ceci afin de nous offrir cette « tentative d'élévation ». 
Ne pas craindre ni réussite ni échec, errer peut être, attendre, attendre des vies entières encore..., en s'interrogeant sur « la forme comme elle va ». 

Ainsité. 

C'est. 
Cela est.
Ainsi.
Cela devait être. 

Cette coïncidence du vivant. 
Fabienne Verdier procède à la lecture du grand chaos universel.
 

Il y a vertige à la beauté. 
Il y a vertige à l'intelligence. 
Il y a vertige devant ses toiles.
 

Il y a extase, bonheur, confiance, espoir et joie. 
Le monde est Vivant.
 

Le vide : immense. Le monde : impermanent 
mais... Vivant.
 

Alors ,... elle marche. Elle tourne, et plonge dans le grand Vivant.
Elle chante, puis entre en silence et elle danse , avec l'air, la matière, la gravité de sa chair. 

Comme le Bon Nombre des grands peintres, compositeurs, poètes, écrivains, elle cherche , explore, navigue, se risque, tempête parfois, vers cette phrase unique, cette équation du mouvement qui nous révèlerait la figuration de l’Évènement essentiel. 

Évidement le travail de Fabienne Verdier ne peut être abordé sans la connaissance et le plus profond respect pour la spiritualité qui anime sa quête.
 

Elle habite ce qu'elle peint. 
Elle reçoit ce qu'elle vit. 
Elle transmet ce qu'elle ressent. 

Elle «  capte la variations de nos perceptions ».
 

Fabienne Verdier est en marche, dans l'Esprit, sur la toile, autour du monde, entre le ciel et la terre au cœur le plus profond de nous.
 

C'est un véritable bonheur, une joie de voir cette immense artiste nous faire don du fruit de ses recherches. de ses expériences. 
Des pages de ses Carnets, au bûcher de ses œuvres non-venues, de la plume d'une hirondelle, au plongeon d'un têtard, aux écrits de Maitre Eckhart, aux poèmes de Léopardi, à la musique de Pergolese, elle nous confie la beauté, la difficulté, l'exigence de l'Art.
 



 Les carnets de Fabienne Verdier, extraits. 



Joie et extase, doute, épuisement, 

le chemin porte le jour et mais il est amant de la nuit.
 


Fabienne Verdier, entre ciel et terre, extrait. 


 
 Rituel du feu, photographie de Naoya Hatakeyama







Tectonique, tellurique, volcanique, stellaire, aérien...

d'encre, 
                                                             de sève, 
 
                     et de sang , 
        de chair et de terre, 

d'eau, de feu et de vent. 





"Bourrasque en haute montagne", 
Fabienne Verdier.  extrait.



 
Fabienne Verdier, entre ciel et terre, extrait. 






 Carnet de Fabienne Verdier, extrait


Le geste vit dans la beauté de son instant .
 


Fabienne Verdier n'impose rien mais par cette puissance qu'elle détient elle nous rappelle que nous sommes en marche et cela est ainsi. 

Vivants, Ainsi. 


Pour l'éternité.




Carnet de Fabienne Verdier, extrait. 

















Astrid Shriqui Garain, lecture,  mai 2016.