lundi 23 avril 2018

Des organiques 31 - 311






"Des organiques 31"
 crayon, Astrid Shriqui Garain 





"Des organiques 311"
 Nulérisation sur crayon, Astrid Shriqui Garain 





dimanche 22 avril 2018

vendredi 20 avril 2018

Des organiques 29


Des organiques, 29, Astrid Shriqui Garain 
Crayon.

Le village bleu







 " Le village bleu", Astrid Shriqui Garain 




les hirondelles





Entre ses doigts , une route déroule la bobine du temps.
Comme un dernier tournant,
Une branche se courbe au passage du printemps.

Cette barrière qui nous ouvre les bras,
C'est une musique douce qui ne me quitte pas.


Nichée dans le miel du bois,
ma mémoire ne tremble pas.

Bientôt la maille posée sur mon bras,
et l'écriture de tes gestes sur l'écho de tes pas.

Un parfum d'hirondelle brûlant dans une cuillère de ciel,
C'est cette musique chaude que je revois.



Astrid Shriqui Garain, "Les hirondelles", IV 2018 .


Contre courant







Photographie : Thibault Vandermersch/EPA/MaxPPP 
Notre-Dame-des-Landes, Journal La Croix, 09.04.2018.


 Contre courant
Courant contre la foule
il faut tenir debout
les mains dessous la tête
deux jambes et le souffle trop court. 

Un fruit dans une main
une fleur plantée dans l'âme
un arbre derrière ta barricade. 

On s'arme et tu es toujours debout,
debout poussant,
contre courant,
courant contre la foule,
des cris débordant de la route.

Voici que la nuit est entrée dans le jour.

Un casque contre ta tête
Trois lettres sur une veste
Tu cours contre la foule
Debout poussant
les mains dessous la tête.

Tu pousses parmi les hommes
Tu pousses contre la foule.
Il faut tenir debout.
Un fruit dans une main
La fleur ouverte dans ton âme
Un arbre derrière ta barricade.

On brûle -
coulent tes larmes

On brise -
pleurent les source

On hurle -
chantera demain le jour.

Chanson pour une fleur, le fruit et pour les arbres
Contre la trique, les ordres et leurs gens d'armes,

Sèchent tes larmes
brille une source
contre courant
chante face à la foule
L'arbre toujours
pousse debout.

Une graine dans une main
Ce jour planté dans l'âme
Une forêt derrière nos barricades."

Astrid Shriqui Garain, "Contre courant",
IV 2018 . 
 
 

mardi 17 avril 2018

La Roche tendre

                                                "La Roche tendre"



 
J'ai des images pleines de toi
Lilas de beau septembre,
couleurs de mûres sur les doigts,
bruits de charrue que l'on assemble,
petites planches de bois.

02 rue du buis c'est une adresse
sur laquelle je ne mettrai pas de croix.
La Roche sait être tendre
pour ceux qui n'oublient pas. .

La huppe près du figuier,
fenêtres blanches près de la grange,
chanson légère qui se balance,
au mat fleuri de jolis draps.

02 rue du buis c'est une adresse
sur laquelle je ne pose pas de croix
La Roche sait être tendre
pour ceux qui n'oublient pas

Toi qui faisait toujours silence
en invitant parfois les anges
tu as toujours fait ce qu'il fallait
pour que les mots gardent leur sens,

Tu as ton coeur si près de moi
toi qui as mis l'été dans mes souliers
La Roche reste si grande
pour ceux qu'on oublie pas.
Fenêtres blanches près de la grange,
parfum de mûres au bout des doigts,
Jolie carte du tendre
sur laquelle tu m'as laissé ton adresse
Papa.


 Astrid Shriqui Garain

à toi qui es entré au jardin. 

 

La vie est ainsi fête




Jardin des Plantes, Les grandes Serres - Paris



La vie est ainsi fête
qu'il me faut bien abandonner
tous mes petits regrets,
et cela, sans vous froisser.
Les mots reviennent, ils ne sont pas usés.
Un peu,
ils me font peine
d'une rengaine que vous poussiez du bout du pied.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faut bien vous le chanter
ce souvenir que rien ne pourra effacer.
Belles images dans ce jardin fleurissent.
Coule la Seine sur le sentier de la vie
Jolis mots tombés du ciel
jetés au grand voyage bleu de la nuit.
Mais la folie et ce qui reste
sont les chevaux de nos poèmes.
Toutes les rimes tiennent à leur fil
aussi fort que nos mains tiennent à la vie.
La vie est ainsi fête
Il y fera toujours joliment vivre de vous aimer
dans la musique de ce poème
et sur toutes les lignes de ce Paris.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faudra toujours vous le chanter
Dans tous les printemps de cette image
rien ne pourra effacer
ces quelques notes de la Seine
blotties l'une dans l'autre sur les sourires de la nuit.
Coulera toujours sur cette Seine
tous les sentiers de la vie.
Je garde cette image
et cela, sans rien froisser
Puisque la vie est ainsi fête
qu'elle n'est de bonne à vivre qu'à nous aimer
Et n'est de vrai qu'à le chanter.
Belles images dans un jardin fleuri
Jolis mots donnés au ciel
au grand voyage de nos vies.


Astrid Shriqui Garain



samedi 14 avril 2018

Rondo, la fable de l'étoile

"rondo, la fable de l'étoile"
Stylo, Astrid Shriqui Garain 
 


Le messager


 "Le messager"
brou de noix,pastels et crayons 
Astrid Shriqui Garain 
 

L'arbre à main





"L'arbre à main " crayon - 

 Astrid Shrqui Garain

la petite boite d'allumettes






Elle vous assomme la mort.
Elle vous fracasse la gueule.
Toutes ces grandes pensées, tous ces grands mots
c'est plus que des poignées de terre qui font des ronds dans l'eau.

Elle vous en jette plein la tête la mort.
Elle se déverse à l'intérieur, elle vous noie et vous inonde.
Elle vous pisse dans l'âme,
c'est une chienne la mort,
elle vous arrache les lèvres,
elle vous ferme les yeux et vous brise les os.

Elle vous laisse seul avec entre les mains un seul mot.

Faut dire qu'elle a une grande gueule la mort,
devant elle on voudrait tous bien se tenir sur le carreau,
se faire beau, être grand, se faire propre.
Avoir en fin une gueule comme il faut.

Ça vous impose son image, ça ne bouge plus, ça respire pas.
Ça n'a ni chaud, ni froid,
pourtant elle vous grille le cerveau et vous glace la peau.

On voudrait dire, on voudrait bien le dire.
Mais le temps de le dire la mort vous frappe dans le dos.

L'horloge s’arrête mais le temps presse
aussi fort que la mort vous transperce.

La mort peut toujours courir
avec dans sa gueule les restes d'un dernier mot ,
elle peut toujours courir ,
mais elle n'aura pas le premier mot.

On reste avec
avec ce mot qui remplie et qui calme
avec ce mot qui clignote à l'enseigne de l'âme
On reste là avec sa petite boite d'allumettes.

C'est un cadeau que la vie vous donne
Pas un mot que la mort nous laisse.

La mort ne mérite pas de grands mots.

On entend ses larmes qui font des trous dans l'âme
Mais nous on reste
avec entre nos mains, notre petite boite d'allumettes.

L'idée fleurit,
on se voudrait se savoir moins transi
on se voudrait se pouvoir moins petit
on vous voudrait tellement bien voir tout ce qui reste,
pouvoir revoir, mais le temps presse.

Et nous on reste
avec entre nos mains, nos petit bouts d'allumettes.

Alors devant le bruit des larmes
et à travers le silence des flammes
on dessine des mots comme on signe un visage
Et puis on sourit aux nuages,
à tous ceux qui viennent ,
qui nous dépassent et nous caressent
du bout de leur jolie langue d'oiseau.

Déjà l'horloge repart et le temps presse...
plus loin que la mort nous transperce
si haut que le vol d'un oiseau
avec entre les mains tout notre temps
à la lumière de ce qui reste.

L'horloge repart et nous on reste
avec notre petite boite d’allumettes.


III.2018 -  Astrid Shriqui Garain   


jeudi 29 mars 2018

ils sont en ligne








August Sander, Farming Family -1913



 Ils sont en ligne comme une phrase du passé.
Leur verbe c'est regarder. Leur histoire effacée.
Une lettre entière de regard, et leurs prénoms oubliés.
De quel siècle d'arbres sortent-ils ?
Quels mots contenaient leurs livres ? Leur rivière, leur chant.
Ils se tiennent comme arabesque en liane sur le morceau d'un village que le soleil ferait valser.
A l'oreille du diable ? à la dernière frontière passée ?
Savaient-ils qu'entre ses arbres une forêt a gardé le secret ?
Dans un champs maintenant se dresse l'infranchissable,
un trou de mémoire qui nous rendra bête comme nous a rendu sourd le bruit de vos canons.

Astrid Shriqui Garain III.2018  



à la main qui se pose




Credit photo : Karen B. 


Et puis voilà la main
la main qui se pose
au fond des choses
sur le bord d'une épaule.

Elle lui tombe dessus
comme tombe un jour une rose
sur le fond de l'amitié.

Elle aurait bien voulu trouver le geste...
Faut dire elle était un peu paumée...
alors voilà la main qui reste
et qui pèse sur cette épaule
comme vous viennent parfois
des choses que rien ne peut effacer.
La main est un peu lourde
comme ce vin rouge
qui coule au fond des choses
qu'on voudrait oublier.
A tour de bras elle lui fait signe
qu'il est en temps de rentrer
et puis comme il fait un peu froid
elle lui fout son billet
parce que les gens c'est comme les roses
et c'est pas comme des choses
qu'on pousse du bout du pied.

Alors voilà la main
la main qui se pose
sur le bord d'une épaule
comme arrivent toutes les choses
auxquelles on avait oublié de penser.

La main sur une épaule
c'est pas des mots qui restent sur le coeur
ça vous redresse
ça vous fait tenir un peu plus droit
ça vous prendrait presque pour une rose
et à la main comme vont toutes choses
...on croise ses doigts.

Alors voilà que cette main
sur le bord d'une épaule
c'est une main qui vous repose
sans rien compter.

On ose pas toujours les gestes qui sauvent
pourtant c'est une grande chose
cette main qui posée sur cette épaule
qui vient de signer son amitié.



Astrid Shriqui Garain - mars 2018  
 
Lauréate au Concours de Poésie "Simone Landry" - Mars 2020- Paris
 
 
 
 

vendredi 9 mars 2018

Les nouveaux anciens, Kate Tempest

 

Attention : Étincelant ! « Les nouveaux anciens », c'est dense, poétique, rapide, mouvant, vivant. Cliquetis dans le jukebox, silence de jour, lumières à contre nuit, la légende de Tom et de Glori, un mythe. 

« Les nouveaux anciens » c'est maintenant ! Kate Tempest a raison, un million d'étoiles filantes raison, un millénaire de rêves et de béton raison.

 C'est maintenant que les dieux marchent dans nos rues, que les dieux se lèvent chaque matin, que les dieux tempêtent, que les dieux jouent des coudes sur les quais, que les dieux donnent à manger au chat, à leur gosse, que les dieux ont faim ou froid, qu' il doutent, qu' ils aiment, qu'ils font les cons, qu'ils tournent en rond, qu'ils se voudraient un peu plus fort un peu plus grand, qu'on oublie pas trop vite leur nom . 


Ils sont des dieux, ils nous ressemblent, nous sommes tous... des dieux, le format éternel de ceux qui se refusent à n'être que des hommes.
Des dieux vivants, et nombreux. Les enfants des hommes, pas des enfants des dieux. 


Des monstres, des brutes et puis parfois, le plus souvent, peu à peu, des gosses avec des ailes de géant et les semelles au vent ! 

«  un dieu devient un dieu quand il a le courage d'aimer. Un dieu, quoi qu'il fasse, reste dieu à jamais, mais quand même, un dieu doit s'efforcer d'être un dieu auquel un dieu peut se fier. ». 


« Nous sommes pourtant toujours mythiques.
Coincés pour toujours entre le pitoyable et l'héroïque.
Nous sommes encore divins ;
c'est ce qui nous rend si monstrueux.
Mais c'est comme si nous avions oublié que notre propre valeur excédait de loin celle de l'ensemble de nos biens ». 


« Regarde les », regardons nous.
« Des millions de personnages,
chacun avec ses propres récits épiques
chantant : il est difficile d'être un ange
tant que tu n'as pas été un démon ». 


Kate Tempest ! À lire à voix haute ! 


«  Toutes les divinités résident dans le coeur de l'homme ». William Blake
Traduit de l'anglais par D' de Kabal et Louise Barlett.


Astrid Shriqui Garain. mars 2018.




mardi 6 mars 2018

Un coup d'aimer dans l'air



"Queen" , Sculpture de  Judith Rota Raboczky 


L'éternité dans sa coquille 

Un bourgeon d'épine comme une enseigne


du sang qui coule autour de la terre 

pendant que du jour on casse toujours la graine


Mais suffit juste d'un p'tit coup d'aimer dans l'air 

pour être encore debout comme demain vers le soleil




Dans l'air, Astrid Shriqui Garain 
III.2018 

La lune dévêtue de son rose



" Histoire du soldat", spectacle de l'Arcal,   
Théâtre musical  
Musique d'Igor Stravinsky (Lausanne, 1918) 
Texte de Charles Ferdinand Ramuz 
 

 
La lune dévêtue de son rose adresse le feulement de son âme 

aux lignes assoupies de ton corps.


L'espace entre ses voiles respire la lumière que tu protèges.

Depuis que ton regard caresse la question de ses rêves 

de tes lèvres ruisselle la couleur de leurs notes.


Il n'est de silence que dans le bruit de certaines images.


Mais toi,

tu es toute musique.


Du battement d'une veine qui se nourrit 

d'une main ouverte  vers le dôme de ton épaule

jusqu'à cette brassée de cuivre et de parfum qui teinte

contre la sagesse d'une étole,

tu es toute musique qui se délivre en cette adresse.


Entre les murs et le soleil plane un ballet de miroirs.

Si Paris danse dessous sa neige , toi, de tout ton être

tu joues à contre jour à me faire chair.


Paris dans sa nuit dort lorsque la lune se croit forte, 

mais moi, dans ma tête, sur la musique de tes pas, 

je marche vers la flamme du seul mot que tu projettes. 



                                                                       La lune dévêtue de son rose,
                                                                       Astrid Shriqui Garain 
                                                                       6. III.18.


 

mercredi 14 février 2018

Claudio Parmiggiani - sculpture d'ombre

éditions Actes Sud - Coédition Ville de Montpellier
traduit du français par : Anne BRESSON-LUCAS  ISBN 978-2-7427-3694-2


« On ne peut atteindre l'aube, sinon par le sentier de la nuit. »
  Khalil Gibran.

Poussières, cendres, sculptures d'ombre. Initiation au silence.
 
Les Delocazioni de Claudio Parmigianni…. ? « Une communion sur l'absence ». 


  Claudio Parmiggiani 

 
« La suie et la cendre ont révélé des fissures que l'on ne voyait plus ».Michel Hilaire

« Photographier avec le feu et la fumée, utiliser comme moyen photographique le feu et comme papier sensible l'espace. »

Claudio Parmiggiani peint à l'encre du temps.





« Moi je n'ai pas honte de rêver. Sans rêve, il n'existe pas de réalité ». 



Salita della memoria, 1976 



 

« L'air devient le medium essentiel de cette œuvre, il s'éprouve comme une haleine expirée des murs eux-mêmes. Il devient le porte- empreinte de toute image.' « Georges Didi-Huberman. 



Sculpture d'ombre, Musée Fabre , Montpellier, 23 mars 2002 

 


Poésie, acte poétique.

A vous allumer tous les feux du regard, à vous en couper le souffle.

Silence, on marche dans le silence.
A murs nus, à voix tues.
De mystérieuses présences traversent la conscience .
On vient, dans le silence. 


Polvere, 1997, feu, suie, fumée. 
 
 
« Passif comme la résistance des humbles, le silence est l'arme dernière de l'insoumission, le seuil où l'oppression et la torture fléchissent. 

Soudain et momentané, le silence ne s'exerce que dans la durée, dilaté en temps toujours plus précieux.
Il est économiquement immoral"
 
«  Emilio Villa ( paroles silencieuses) 




Deiscrizione, 1972



A lume spento, 1985
 
Faire danser le feu dans un musée, planter un phare au bout du monde, 
enterrer une œuvre d'art, 
pétrifier, dissimiler, 
disperser, pulvériser, briser, brûler...

Problèmes. 


Terra, 1988,
 ensevelissement de l'oeuvre, cloître du musée des Beaux Arts, Lyon, 25 septembre 1990. 



Claudio Parmiggiani pose problèmes. 
 

Il faro d'Islanda, 2000, Islande.




 Fable du lieu, Le Fresnoy 2001



Transparence, opacité, profondeur et reflet.




« C'est la sécurité qui naît d'une pensée non problématique, inerte. 
Plus l'art refuse de donner ce sentiment de sécurité, plus il est hostile à toute tentative de capture, plus il est perçu comme problématique (…) 
et pour un artiste, ce qui semble être un impératif élémentaire, 
c'est justement de créer des problèmes. ».



« La langue de l’image réside dans l'émotion, première impulsion qui enfante l'art. »

«  Le silence est aujourd'hui une parole subversive puisqu'il est un espace méditatif. »

À la lumière des choses, 
à cette absence qui provient, 
à ce brouillard qui se retire, 
à cette pensée qui devient, 
à l'absurde cacophonie du désordre qui s'évapore, 
à l'imaginaire qui conquiert l'esprit.

A ce rêve impalpable qui nous transporte. 

 
« Nul n'a jamais écrit ou peint, sculpté, modelé, construit, inventé que pour sortir en fait de l'enfer. » « Antonin Artaud, Van Gogh, le suicidé de la société)






1989, porte brûlée, cadnium

Pour Parmiggiani, la mémoire n'est pas un passé mais une pensée.

Pas de clôture, de la mesure, pas de limites.

« Un visage dans le cristal d'une larme : c'est quelque chose qui est dans l’œil. »
Ombre, cendres, éclat de poussière…la carte du ciel. 









Phisiognomiae coelestis 1975 ,photographie



«  Il est naturel que l'on parte d'une oeuvre et que l'on arrive toujours à une autre œuvre.
Infinies sont les lectures que l'on peut faire et, labyrinthique et infini le rêve qui se trouve dans la parole. » 




  Teatro dell’arte e della guerra – Bologne 

«  Géométrie qui est beauté, lieu de profonde mélancolie.

Et cela a été une façon de comprendre une chose importante : la mesure ».


zoo geometrico, 1968-1969
 
«  L'art est comme l'eau..Regarder DANS une œuvre c'est comme observer son propre reflet
 
à la surface de l'eau, tout est clair, et tout est profondeur. »



Fontaine, Rennes, 1993

 
«  Émotion..
la première impulsion d'où naît l'art, 
c'est ce mot qui continue à inquiéter..
un mot ancien, qui incommode, 
mais que la poésie aime. » 


 
2001, suie sur bois


En réalité, la lumière où va t elle ?  ,
et en rêve qui est elle  ?

« Non pas un objet , mais une idée. Une œuvre qui vit plus dans l'esprit que dans le regard, plus dans la distance que dans l'observation directe..un emblème de ce que je suis et de ce que je pense. »


 2002, marbre de Carrare, parco della Padula, Carrare. 

« Comme des moines , les artistes travaillent enfermés dans leurs grottes, leurs usines, occuper à sculpter à l'intérieur d'un mot, se lançant, de temps en temps, l'un l'autre des signaux, dans la nuit avec leurs lanternes, pour se sentir vivants, suspendus à un symbole...comme une goutte de rosée à un brun d'herbe »


"Senza titolo, 1985" 

« Une œuvre est une arme et je crois que ce n'est jamais un geste de bonne éducation, ni un geste rassurant, ni optimiste, ni mondain, ni décoratif, mais un acte subversif….anarchique..c'est en cela, je pense que réside sa vérité. Et, elle est subversive parce qu'elle n'a pas d'objectif, parce qu'elle ne sert à rien, elle n'est en fonction de rien. Elle est existence. Pure existence. Pour la société, c'est quelque chose d'absurde mais cet absurde, nous en avons besoin. »

«  Aujourd'hui comme jamais, il faut protéger, défendre tout ce qui a le moindre lien avec le monde spirituel ».


«  Le marché où tout a un prix et rien n'a de valeur, 
qui décide non pas ce qui est actuel mais ce qui doit l'être, 
qui euphorise, qui transforme le nain en géant et le géant en nain, 
ne coïncide pas avec les exigences , les inquiétudes d'une œuvre. »


«  Mettre une œuvre dans l'espace, .comme une icône clouée au ciel..dans le corps vivant de l'espace...dans l'angoisse et dans le sentiment de l'espace..peindre, pour moi, c'est cela. "

 
Temps suspendus entre des mains brûlantes qui chassent  l'ignorance d'un mystère en nous laissant deviner la lumière des mots.

 "Autoritratto, 1979, toile photographique"


  • "Né en 1943 à Luzzara, Claudio Parmiggiani vit et travaille à Arnarstapi, où il a développé depuis les années 1960 une œuvre d’une grande puissance poétique qui utilise une large gamme de matériaux et de références.
  • Nourri de culture classique et fortement marqué par le romantisme, il a su imposer au sein des recherches les plus expérimentales de l’art contemporain son goût pour la culture et la littérature.
  • Le raffinement de ses sculptures et de ses installations, la richesse du travail sur la couleur et les matières, ne tempèrent pas la puissance de ses thèmes et la radicalité de son positionnement artistique. 
  • Aux questions fondamentales de la disparition, de l’oubli, de la destruction qui le hantent, il répond par une œuvre dédiée à la mémoire et au temps. 
  • Profondément humaine, sa création s’articule autour d’images et de lieux chargés d’une densité exceptionnelle : il combine ainsi la puissance des images au « génie du lieu », pour créer chez le spectateur un véritable choc émotionnel."






 Nebulosa, 2016


02.2018 , Astrid Shriqui Garain