lundi 23 avril 2018
Des organiques 31 - 311
dimanche 22 avril 2018
vendredi 20 avril 2018
les hirondelles
Entre ses doigts , une route déroule la bobine du temps.
Comme un dernier tournant,
Une branche se courbe au passage du printemps.
Cette barrière qui nous ouvre les bras,
C'est une musique douce qui ne me quitte pas.
Nichée dans le miel du bois,
ma mémoire ne tremble pas.
Bientôt la maille posée sur mon bras,
et l'écriture de tes gestes sur l'écho de tes pas.
Un parfum d'hirondelle brûlant dans une cuillère de ciel,
C'est cette musique chaude que je revois.
Astrid Shriqui Garain, "Les hirondelles", IV 2018 .
Contre courant
Courant contre la foule
il faut tenir debout
les mains dessous la tête
deux jambes et le souffle trop court.
une fleur plantée dans l'âme
un arbre derrière ta barricade.
debout poussant,
contre courant,
courant contre la foule,
des cris débordant de la route.
Voici que la nuit est entrée dans le jour.
Trois lettres sur une veste
Tu cours contre la foule
Debout poussant
les mains dessous la tête.
Tu pousses contre la foule.
Il faut tenir debout.
La fleur ouverte dans ton âme
Un arbre derrière ta barricade.
coulent tes larmes
pleurent les source
chantera demain le jour.
Contre la trique, les ordres et leurs gens d'armes,
brille une source
contre courant
chante face à la foule
L'arbre toujours
pousse debout.
Ce jour planté dans l'âme
Une forêt derrière nos barricades."
IV 2018 .
mardi 17 avril 2018
La Roche tendre
La vie est ainsi fête
qu'il me faut bien abandonner
tous mes petits regrets,
et cela, sans vous froisser.
Les mots reviennent, ils ne sont pas usés.
Un peu,
ils me font peine
d'une rengaine que vous poussiez du bout du pied.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faut bien vous le chanter
ce souvenir que rien ne pourra effacer.
Belles images dans ce jardin fleurissent.
Coule la Seine sur le sentier de la vie
Jolis mots tombés du ciel
jetés au grand voyage bleu de la nuit.
Mais la folie et ce qui reste
sont les chevaux de nos poèmes.
Toutes les rimes tiennent à leur fil
aussi fort que nos mains tiennent à la vie.
La vie est ainsi fête
Il y fera toujours joliment vivre de vous aimer
dans la musique de ce poème
et sur toutes les lignes de ce Paris.
Les mots reviennent
la vie est ainsi fête
qu'il me faudra toujours vous le chanter
Dans tous les printemps de cette image
rien ne pourra effacer
ces quelques notes de la Seine
blotties l'une dans l'autre sur les sourires de la nuit.
Coulera toujours sur cette Seine
tous les sentiers de la vie.
Je garde cette image
et cela, sans rien froisser
Puisque la vie est ainsi fête
qu'elle n'est de bonne à vivre qu'à nous aimer
Et n'est de vrai qu'à le chanter.
Belles images dans un jardin fleuri
Jolis mots donnés au ciel
au grand voyage de nos vies.
Astrid Shriqui Garain
dimanche 15 avril 2018
samedi 14 avril 2018
la petite boite d'allumettes
Elle vous assomme la mort.
Elle vous fracasse la gueule.
Toutes ces grandes pensées, tous ces grands mots
c'est plus que des poignées de terre qui font des ronds dans l'eau.
Elle vous en jette plein la tête la mort.
Elle se déverse à l'intérieur, elle vous noie et vous inonde.
Elle vous pisse dans l'âme,
c'est une chienne la mort,
elle vous arrache les lèvres,
elle vous ferme les yeux et vous brise les os.
Elle vous laisse seul avec entre les mains un seul mot.
Faut dire qu'elle a une grande gueule la mort,
devant elle on voudrait tous bien se tenir sur le carreau,
se faire beau, être grand, se faire propre.
Avoir en fin une gueule comme il faut.
Ça vous impose son image, ça ne bouge plus, ça respire pas.
Ça n'a ni chaud, ni froid,
pourtant elle vous grille le cerveau et vous glace la peau.
On voudrait dire, on voudrait bien le dire.
Mais le temps de le dire la mort vous frappe dans le dos.
L'horloge s’arrête mais le temps presse
aussi fort que la mort vous transperce.
La mort peut toujours courir
avec dans sa gueule les restes d'un dernier mot ,
elle peut toujours courir ,
mais elle n'aura pas le premier mot.
On reste avec
avec ce mot qui remplie et qui calme
avec ce mot qui clignote à l'enseigne de l'âme
On reste là avec sa petite boite d'allumettes.
C'est un cadeau que la vie vous donne
Pas un mot que la mort nous laisse.
La mort ne mérite pas de grands mots.
On entend ses larmes qui font des trous dans l'âme
Mais nous on reste
avec entre nos mains, notre petite boite d'allumettes.
L'idée fleurit,
on se voudrait se savoir moins transi
on se voudrait se pouvoir moins petit
on vous voudrait tellement bien voir tout ce qui reste,
pouvoir revoir, mais le temps presse.
Et nous on reste
avec entre nos mains, nos petit bouts d'allumettes.
Alors devant le bruit des larmes
et à travers le silence des flammes
on dessine des mots comme on signe un visage
Et puis on sourit aux nuages,
à tous ceux qui viennent ,
qui nous dépassent et nous caressent
du bout de leur jolie langue d'oiseau.
Déjà l'horloge repart et le temps presse...
plus loin que la mort nous transperce
si haut que le vol d'un oiseau
avec entre les mains tout notre temps
à la lumière de ce qui reste.
L'horloge repart et nous on reste
avec notre petite boite d’allumettes.
III.2018 - Astrid Shriqui Garain
jeudi 29 mars 2018
ils sont en ligne
Leur verbe c'est regarder. Leur histoire effacée.
Une lettre entière de regard, et leurs prénoms oubliés.
De quel siècle d'arbres sortent-ils ?
Quels mots contenaient leurs livres ? Leur rivière, leur chant.
Ils se tiennent comme arabesque en liane sur le morceau d'un village que le soleil ferait valser.
A l'oreille du diable ? à la dernière frontière passée ?
Savaient-ils qu'entre ses arbres une forêt a gardé le secret ?
Dans un champs maintenant se dresse l'infranchissable,
un trou de mémoire qui nous rendra bête comme nous a rendu sourd le bruit de vos canons.
à la main qui se pose
vendredi 9 mars 2018
Les nouveaux anciens, Kate Tempest
Attention : Étincelant ! « Les nouveaux anciens », c'est dense, poétique, rapide, mouvant, vivant. Cliquetis dans le jukebox, silence de jour, lumières à contre nuit, la légende de Tom et de Glori, un mythe.
« Les nouveaux anciens » c'est maintenant ! Kate Tempest a raison, un million d'étoiles filantes raison, un millénaire de rêves et de béton raison.
C'est maintenant que les dieux marchent dans nos rues, que les dieux se lèvent chaque matin, que les dieux tempêtent, que les dieux jouent des coudes sur les quais, que les dieux donnent à manger au chat, à leur gosse, que les dieux ont faim ou froid, qu' il doutent, qu' ils aiment, qu'ils font les cons, qu'ils tournent en rond, qu'ils se voudraient un peu plus fort un peu plus grand, qu'on oublie pas trop vite leur nom .
Ils sont des dieux, ils nous ressemblent, nous sommes tous... des dieux,
le format éternel de ceux qui se refusent à n'être que des hommes.
Des dieux vivants, et nombreux. Les enfants des hommes, pas des enfants des dieux.
Des monstres, des brutes et puis parfois, le plus souvent, peu à peu,
des gosses avec des ailes de géant et les semelles au vent !
« un dieu devient un dieu quand il a le courage d'aimer. Un dieu, quoi qu'il fasse, reste dieu à jamais, mais quand même, un dieu doit s'efforcer d'être un dieu auquel un dieu peut se fier. ».
« Nous sommes pourtant toujours mythiques.
Coincés pour toujours entre le pitoyable et l'héroïque.
Nous sommes encore divins ;
c'est ce qui nous rend si monstrueux.
Mais c'est comme si nous avions oublié que notre propre valeur excédait de loin celle de l'ensemble de nos biens ».
« Regarde les », regardons nous.
« Des millions de personnages,
chacun avec ses propres récits épiques
chantant : il est difficile d'être un ange
tant que tu n'as pas été un démon ».
Kate Tempest ! À lire à voix haute !
« Toutes les divinités résident dans le coeur de l'homme ». William Blake
Traduit de l'anglais par D' de Kabal et Louise Barlett.
Astrid Shriqui Garain. mars 2018.
mardi 6 mars 2018
Un coup d'aimer dans l'air
La lune dévêtue de son rose
mercredi 14 février 2018
Claudio Parmiggiani - sculpture d'ombre
Soudain et momentané, le silence ne s'exerce que dans la durée, dilaté en temps toujours plus précieux.
Il est économiquement immoral"
enterrer une œuvre d'art,
pétrifier, dissimiler,
disperser, pulvériser, briser, brûler...
Claudio Parmiggiani pose problèmes.
Plus l'art refuse de donner ce sentiment de sécurité, plus il est hostile à toute tentative de capture, plus il est perçu comme problématique (…)
et pour un artiste, ce qui semble être un impératif élémentaire,
c'est justement de créer des problèmes. ».
à cette absence qui provient,
à ce brouillard qui se retire,
à cette pensée qui devient,
à l'absurde cacophonie du désordre qui s'évapore,
à l'imaginaire qui conquiert l'esprit.
Infinies sont les lectures que l'on peut faire et, labyrinthique et infini le rêve qui se trouve dans la parole. »
Et cela a été une façon de comprendre une chose importante : la mesure ».
à la surface de l'eau, tout est clair, et tout est profondeur. »
qui décide non pas ce qui est actuel mais ce qui doit l'être,
qui euphorise, qui transforme le nain en géant et le géant en nain,
ne coïncide pas avec les exigences , les inquiétudes d'une œuvre. »
- "Né en 1943 à Luzzara, Claudio Parmiggiani vit et travaille à Arnarstapi, où il a développé depuis les années 1960 une œuvre d’une grande puissance poétique qui utilise une large gamme de matériaux et de références.
- Nourri de culture classique et fortement marqué par le romantisme, il a su imposer au sein des recherches les plus expérimentales de l’art contemporain son goût pour la culture et la littérature.
- Le raffinement de ses sculptures et de ses installations, la richesse du travail sur la couleur et les matières, ne tempèrent pas la puissance de ses thèmes et la radicalité de son positionnement artistique.
- Aux questions fondamentales de la disparition, de l’oubli, de la destruction qui le hantent, il répond par une œuvre dédiée à la mémoire et au temps.
- Profondément humaine, sa création s’articule autour d’images et de lieux chargés d’une densité exceptionnelle : il combine ainsi la puissance des images au « génie du lieu », pour créer chez le spectateur un véritable choc émotionnel."



























