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jeudi 22 septembre 2016

L'heure au scorpion




La Nymphe au scorpion  - Oeuvre de Lorenzo Bartolini (1845) 
Photographie :  Y Lemeur, musée du Louvre Paris





L'heure au scorpion 




Une main posée sur un ventre de marbre                          
tenait l'horloge de son orfèvrerie.     

                         
         
Il semblait forge, elle était flamme,                                     
Il était large, elle semblait voile.


Les mots étaient d'écume et leur vague de face. 


Cette main battait aux portes de son âme.    
                          

Une beauté répondait au brame                                                    
et le ciel perdait son regard de sable. 


La beauté dans une main                                                              
et cet automne peut être aussi rond que le diable.







Astrid Shriqui Garain, 09.2016 





 

mercredi 22 juin 2016

Le fil








Sculpture de  Laure Simoneau, LoR - " Sauvage " ©


avec l'aimable autorisation de l'artiste
 



Le fil


Un rêve qui ne tiendrait qu'à un fil...

...Un fil qui relierait tous les coins de la Terre..

...La Terre qui porterait un visage...

Un visage que je tiendrais entre mes mains...

….Mes mains suspendues à un fil

...Un fil au bout duquel...

Tu arriveras ce matin !




© Astrid Shriqui Garain




mercredi 15 juin 2016

Elle d'ivoire






Ossip Zadkine - Femme a la colombe - 1936 


L'oiseau d'ivoire était une nymphe d'or et d'opale que le bercement

du monde avait bouleversé.


Enfin midi, et l'espace reposait .


D'être de vent , d'eau et de sable, c''était la lumière qui l'avait 

touchée la première.
 
C'est elle qui avait déposé sur cet espace la douceur d'un voile,
 
c'est elle qui avait donné aux ombres l'ordre de rejoindre la base 

des pierres.
 
Elle émettait un à un chacun de leur son.
 
A travers l'opacité de son regard on devinait que la nature de ce 

corps pouvait se remettre en vie 

- si tant est qu'elle en ait eu véritablement envie.
 

Les hommes étaient loin , peut être repartis, ivres, comme ils 

étaient venus,
 
aussi inconscients de leur haine qu'ils avaient pu être impatients

de leur naissance.
 

Le monde n'en avait gardé ni les os, ni les noms, ni même leur 

nombre.
 
Il ne lui restait aucun goût , aucune mémoire de cet abandon.
 
L'oiseau d'ivoire, pelotonné dans la jeunesse de sa chair,
 
entendait simplement parler d'espoir comme on peut, entre ses 

mains, parfois sentir renaître le souvenir du monde.


  
© - Astrid Shriqui Garain




dimanche 12 juin 2016

d'une vague secondes






 
Sculpture de Juana Muller



l'heure s'en retourne 

au sablier du ciel 

d'une vague secondes


ma tête muette renverse le monde


là où mes yeux portent fontaine






©- Astrid Shriqui Garain






samedi 4 juin 2016

La barque






extrait de " la grande aventure " 
sculpture de Marc Perez 




Petite lanterne tenue au bout de nos bras,
la terre n’est qu’une barque que nous chargeons de notre effroi.

Tête breloque au mat de son enfer,
la nuit lance son ombre aux paupières du monde.

La pluie cerne le village
lorsque la terre plonge sa dérive
là où le fleuve revient prendre ses droits.



© - Astrid Shriqui Garain










lundi 30 mai 2016

Je suis créole




     

         Sculpture de Kasper 
     "Inti"  Marbre noir de Belgique




à Edouard Glissant 
 
Je suis créole


Par la langue de fer qui ouvre la terre

par les possibles du voyage

par les prénoms qui ourlent notre peau 

par la fraternité d'un son , par le partage du cri


je suis créole 


Par cette langue de terre qui plonge dans la mer

par l'échancrure d'un fruit

par une cantine de rimes

par leurs papiers qui ne veulent rien dire

par notre sang au pied de leurs drapeaux

par l'écriture des chaînes

par le préau de l'enfance

par le souvenir de l'homme

par la mémoire d'une femme


je suis créole

par les ailes de nos fleuves

par l'agrume, par calice, et par la faille

par le rêve de chaque bateau

par la cale des usines

par les rotors

les hélices et par la mine

par l'escalier si haut

par la tourbe

par l'argile

Par nos bras

par notre rire,

par nos mômes

et nos cabas


je suis créole


Par cette langue qui ouvre sa gorge

par l'urgence du poème

par le partage de l' hiver

par la coulure

par la sève

par la lumière

par la vérité d'un regard

et dans la chaleur de la peau


je suis créole


Je suis

par cette multitude qui croît en l'Homme.




© Astrid Shriqui Garain