mercredi 17 janvier 2018

l'alpha

"Alpha", Astrid Shriqui Garain 
 
 " A quelque planète prochaine? "
Victor Hugo , "le feu du Ciel", extrait.


La mort banche



"La mort banche" , Astrid Shriqui Garain*

 
 « La mémoire est innombrable mais partagée, 
l’oubli est une arme sans grâce. » 

(Une nouvelle région du monde , Edouard Glissant , extrait)



L'empreinte adorée




"L'empreinte adorée" - Astrid Shriqui Garain 

 "Moi, je n'ai ni boucle lustrée,
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,
Mais je garde, empreinte adorée
Une larme sur un papier "
 -Théophile GAUTIER -Diamant du cœur- Extrait.

 





vendredi 29 décembre 2017

Passer, quoi qu'il en coûte





PASSER, QUOI QU'IL EN COÛTE 

Georges Didi-Huberman, Niki Giannari - 2017


Des Spectres hantent l'Europe

http://www.survivance.net/document/30/58/Des-spectres-hantent-l-Europe

Maria Kourkouta & Niki Giannari // France // 2016
// 99 min // Couleur // 1,85:1

 Ils passent et ils nous pensent.
Les morts que nous avons oubliés,
les engagements que nous avons pris et les promesses,
les idées que nous avons aimées,
les révolutions que nous avons faites,
les sacrements que nous avons niés,
tout cela est revenu avec eux.
Où que tu regardes dans les rues
ou les avenues de l'Occident,
ils cheminent : cette procession sacrée
nous regarde et nous traverse.
Maintenant silence.
Que tout s'arrête.
Ils passent.
Niki Giannari 

 Avec un désir
que rien ne peut vaincre
ni l'exil, ni l'enfermement, ni la mort.
Orphelins, épuisés,
ayant faim, ayant soif,
désobeissants et têtus,
séculaires et sacrés
sont arrivés
en défaisant les nations et les bureaucraties.
Se posent ici,
attendent et ne demandent rien
seulement passer.
Niki Giannari.

 Tous ces mouvements de migration ont un nom générique : la culture.Non pas la culture des "émissions culturelles" ou des " ministères de la culture", mais la culture au sens anthropologique du terme, à savoir ce qui fait des humains ces êtres capables, non seulement de parler, de travailler ou d'inventer des outils, voire des œuvres d'art, mais encore de vivre en société, de se parler, de s'inventer, de s'imaginer les uns les autres. Lorsqu'une société se met à confondre son voisin avec l'ennemi, ou bien l'étranger avec le danger, lorsqu'elle invente des institutions pour mettre en œuvre cette confusion paranoïaque , alors on peut dire, en toute logique historique - et non pas selon un simple point de vue éthique- qu'elle est entrain de perdre sa culture, sa propre capacité de civilisation. " Georges Didi-Huberman - p 62



L'enfance actualise la survie et l'héritage du genre humain; mais elle potentialise aussi - donne puisance à - son avenir même. C'esr surtout cela que je vois, pour finir, dans le film "Des spectres hantent l'Europe" : je vois des enfants partout.
Je les vois, tous petits, faisant la queue dans la boue, vêtus de ces imperméables blancs trop grands pour eux et qui leur donnent, plus qu'aux adultes , cette touche spectrale et cependant si vivace. Je sais q'ils sont parmi les plus atteints, les plus vulnérables, les plus survivants parmi tant d'autres enfants morts en mer ou dans la guerre.Mais je les vois sourire, chanter,jouer avec rien, inventeurs d'un avenir surgi de la plus grande pauvreté." Georges Didi -Huberman p 85


 Des spectres hantent l'Europe ? Oui Monsieur, et c'est même ce qui pouvait arriver de mieux à l'Europe.Rappelez-vous que Derrida écrivait dans Spectres de Mars au sujet de ce paradoxe de la survivance : " Un revenant étant toujours appelé à venir et à revenir, la pensée du spectre, contrairement à ce que l'on croit, fait signe vers l'avenir. C'est une pensée du passé, un héritage qui ne peut venir que de ce qui n'est pas encore arrivé - de l'arrivant même." Rappelez-vous ce que Pasolini faisait de le " force du passé" une chose " plus moderne que les modernes".
Georges Didi-Huberman -p 85


Sur les 185 espèces de primates subsistantes, seul l'homme a un comportement migrateur. Homo sapiens n'est autre, pour finir, qu'un remarquable homo migrans. Vouloir l'oublier - le refouler, le haïr - c'est simplement s'enfermer dans les remparts de la crétinisation. Mieux vaut entendre la leçon de " ceux qui savent encore être en mouvement".
Georges Didi-Huberman - 5-14.03.2017 
 
 En cela ils sont "nos spectres" : notre propre hantise autant que notre propre destination.
Georges Didi-Huberman - p68
 


A l'orée de notre histoire de l'art, Pline l'Ancien avait déjà établi une rigoureuse distinction concernant le monde des images : une antinomie entre "luxure" ( luxuria) et "dignité " ( dignitas). La luxure concernait, selon lui, tout un commerce de l'art fondé sur "le prix" et sur l’indistinction des usages comme des temporalités : ce qui se passait, par exemple, lorsqu'un patricien romain faisait l'acquisition d'une statue grecque d'Apollon, soit une oeuvre soustraite au territoire colonisé de l'empire, puis lui faisait couper la tête pour y placer, de façon aussi artificielle que prétentieuse, son propre portrait...Tout cela qui pourrait aisément évoquer une économie caractéristique de notre actuel régime esthétique de l'âge post-moderne, lui aussi dominé par le marché, le kitsch et l'arrogance bourgeoise." Georges Didi-Huberman - p 82 

 "Tout a un prix ou bien une dignité. Ce qui a un prix peut-être aussi bien remplacé par quelque chose d'autre, à titre équivalent; au contraire, ce qui est supérieur à tout prix, ce qui par suite n'admet pas d'équivalent, c'est ce qui a une dignité."
Emmanuel Kant. 





mardi 12 décembre 2017

Les libellules




Des organiques - 20 
Astrid Shriqui Garain 



 "On a tellement dit que nous n'apprenions rien d'une image, alors qu'au contraire nous n'apprenons rien que sur les images que nous sommes capables d'engendrer, precisément pour comprendre". 

'L'essence de la poésie se lit dans ce que dévoile une libellule photographiée : l'étrangeté d'un monde entièrement inventé"

" la visibilité du monde est différentielle"

"Tout être vivant s'inscrit dans le monde comme être d'action, de proposition, d'anticipation - on oserait dire d'invention."

" il y a un autre monde, inouï , qui se déploie, visible grâce aux énormes yeux à facettes à peu près sous 360 degrés dans tous les plans possibles". 

                              Alain Cugno -La libellule et le philosophe ", extraits.

 Photo A.S - Presqu'île de Ruys - 2014

mercredi 6 décembre 2017

Rencontre I

 



Rencontre I 

Leonor Fini (1907-1996)  /  Joos de Momper le Jeune ( 1564 - 1535 ) 
Linogravure sur papier Chiffon 
Astrid Shriqui Garain  


   Oeuvre de Léonor Fini





tableaux de Joss de Momper 




Léonor Fini - photographie d'André Ostier 1949 



Leonor Fini au Monastère de Nonza, Corse, 1965, photographie d'Eddy Brofferio



dimanche 19 novembre 2017

Cette Blessure, Léo Ferré




Cette blessure 

de Léo Ferré 

Angélique Ionatos : voix et guitare

 



 Cette blessure
Où meurt la mer comme un chagrin de chair
Où va la vie germer dans le désert
Qui fait de sang la blancheur des berceaux
Qui se referme au marbre du tombeau
Cette blessure d'où je viens

Cette blessure
Où va ma lèvre à l'aube de l'amour
Où bat ta fièvre un peu comme un tambour
D'où part ta vigne en y pressant des doigts
D'où vient le cri le même chaque fois
Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure
Qui se referme à l'orée de l'ennui
Comme une cicatrice de la nuit
Et qui n'en finit pas de se rouvrir
Sous des larmes qu'affile le désir

Cette blessure
Comme un soleil sur la mélancolie
Comme un jardin qu'on n'ouvre que la nuit
Comme un parfum qui traîne à la marée
Comme un sourire sur ma destinée
Cette blessure d'où je viens

Cette blessure
Drapée de soie sous son triangle noir
Où vont des géomètres de hasard
Bâtir de rien des chagrins assistés
En y creusant parfois pour le péché
Cette blessure d'où tu viens

Cette blessure
Qu'on voudrait coudre au milieu du désir
Comme une couture sur le plaisir
Qu'on voudrait voir se fermer à jamais
Comme une porte ouverte sur la mort

Cette blessure dont je meurs. 




jeudi 9 novembre 2017

Des organiques , Série I



" le jour est un reste de regard ". 
Jacques Ancet 
Un morceau de lumière, Voix d’encre, 2005



Série "Des organiques " ,



6

Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain








14 
Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain




7 
Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain



5 
 Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain


13 

Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain

 3
 Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain






 66
 Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain




8

Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain


133

Infographie , Astrid Shriqui Garain

 10
 Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain


11
 Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain 




 12
 Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain

2 
Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain






9

Dessin au crayon, Astrid Shriqui Garain

vendredi 3 novembre 2017

Vagabondage

Paul Gauguin 1892


Petite boite qui ouvre dans ta tête
les portes de tes châteaux de sable
C'est la musique des images
qui t'écharde à travers les mots d'une fenêtre
Tu es toujours l'enfant absent des ombres d'un langage
Dessin faisant tu t'arraches d'un espace en suivant de tes mains
cette lumière qui lui échappe.
Sur son grand sablier, la nuit essuie ses heures.
Voilà tout le silence qu'il lui reste.
Toi, tu n'as pas le temps
mais tu as toute la liberté
en laissant cette petite boite grande ouverte.
Enfant présent, tu signes : Vagabondage
en faisant filer tout l'écheveau de ta tête. 

Vagabondage - Astrid Shriqui Garain