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dimanche 29 mai 2016

Sa douleur, dialogue de geste .



"Mamma Roma" ,  film de Pier Paolo Pasolini,  
Anna Magnani dans le rôle de Mamma Roma

         
 Dialogue de geste

 entre : 

" le pentaptyque 
  de l'Eglise de Sallertaine"  

de  Jacques Kerzanet, peintre

 et 
  
" Sa douleur ",  texte

d'Astrid Shriqui Garain, poète  


" Revêtir l’image

tel est bien l’enjeu de toute la création."
                                        Georges Didi-Huberman
" L’image ouverte, Motifs de l’incarnation dans les arts visuels", extrait.

 






"Sa douleur n’est rien. 

  Elle n’est rien encore.


Elle se voudrait dire néant.
  
Mais Néant est un mot.


 
      " Crucis "  de Jacques Kerzanet,
              acrylique 90x120cm.                                                              


...Sa douleur n’est pas le commencement 

du mot
 
une énigme ou un prétexte
 
l’usurpation d’un geste....


         

« Christus, descendens de cruce »

    de Jacques Kerzanet,  acrylique 90x120cm.    

 

La douleur n’est rien


Elle n’appelle et ne susurre que son cri
 

              Rien est douleur.
 

Rien que sa main qui se presse
 

et mon poing qui répond à l’ombre 

 

qui ne dit rien

 

...Rien, 

  l'ombre n’est rien qu'une douleur de la nuit
 

une trace de ce que la lumière a écrit
 

                  Ma douleur n'est 

                                                       rien
 

que ce que mon poing arrache
 

au papier dépeint de son cri...



      
 
         « descensum ad corpus »
           de Jacques Kerzanet,  acrylique 90x120cm


Rien est sans douleur.
Un morceau d’écorce qui tombe profondément de la nuit.
Et le néant n’est qu’un mot que dessine des ombres
qui font entendre au cœur de la vie sa douleur qui pousse son cri de la nuit




La douleur n’est plus 

                         rien.





 « cum corpus moritur »
  de Jacques Kerzanet,  acrylique 90x120cm



L’ombre d’un geste lui arrache 

le visage 

              des mots." 

© - Astrid Shriqui Garain - 09/2015







                          « Christus mendacii"


  de Jacques Kerzanet,  acrylique 80x120cm







samedi 28 mai 2016

La coupe










"Entre marais et mer 5" - vision verticale
2015, Jacques Kerzanet©



Entre matière
Et songe
Par l’attrait d’un unique vertical
J’entre bois la coupe de ta chair
D’un trait mutique et minéral.






Astrid Shriqui Garain  ©








jeudi 19 mai 2016

Le vaisseau animal

iceberg ou l'écueil ouvre
Jacques Kerzanet  - mai 2015 



Le vaisseau animal


Chevauchées grondantes
du feu ,de bois , du cuivre,
de nos pas, de nos soleils,
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
fait route en plein ciel.

La mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure

qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.


L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute
écoute la langue des arbres
arbres qui t’adressent
dresse ton regard
tes yeux tournent
tourne l’horloge des ombres
qui talonne l’esprit de l’homme
l’homme éclate en lumière
lumière qui transperce
et brise écarte et plaque
et qui frappe sa langue
langue qui goutte
en couleurs, en distance,
en sang, jusqu’aux cendres.

Angle, brèche, vague, tempête
de feu , de bois
du cuivre de nos pas,
de nos soleils
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
te légende sur la terre
te parcourt, te hisse.

Le ciel souffle
souffle comme chair
chair qui pose
pose tes mots
mots qui
lignes en signes
bondissant au levant
la mer frappe
la terre écoute
la mer prend
de la dune au couchant
la terre appelle
la mer voyage
le ciel pleure
ce qui absente
ce qui presse
ce qui remplit
ce qui annonce
ce qui chante
ce qui bruit
comme des perles de vie
la vie qui conte et signe
un visage de pluie
L Écume
en quelques mèches de pluie
contre le feu, le bois,
la chair, la pierre,
contre le cuivre de nos pas
un nuage de poussière
dans l’océan d’un soleil
dans l’étrave du sommeil
un vaisseau animal
percute le ciel.


C’est ton chant
C’est ta main
c’est ton bras
ta route, un lac,
la partition de ton temps
L’oreille d’un regard
à la bouche de l’absent
et tu sens que la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule.
Et toi passe son seuil.
Son qui frappe l’écueil.

C’est l’écho de ces traits.
que tu attends.

Frappe brume d’étoiles
Porte, frappe,
touche les couleurs de ta route
et comprends.
Le vaisseau animal t’entend.

la mer entre
qui entre dans la terre
accueille
qui accueille la mer
la mer frappe
qui frappe la terre
écoute
qui écoute la mer prend
qui prend la terre appelle
qui appelle la mer voyage
qui voyage la terre
la terre pleure
qui pleure…la mer seule
seule
frappe l’écueil.

L’écueil ouvre
qui ouvre
ouvre mille routes
route qui danse
danse qui écoute.

Le vaisseau animal t’attend.


Astrid Shriqui Garain , avril 2015